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Gestes sexuels sur une ado: un major admet avoir agi en «dominateur et instructeur»

Le major Richard Masson
Photo Kathleen Frenette Le major Richard Masson

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Le major qui a reconnu avoir abusé du corps et de la naïveté d’une jeune adolescente à la fin des années 90 s’est confondu en excuses, mardi, tout en admettant faire face à de nouvelles accusations de même nature à Gatineau.

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À la suite d’une question du poursuivant, Me Michel Bérubé, le major Richard Masson, 53 ans, a admis qu’il faisait face à de nouvelles accusations d’exploitation sexuelle et d’agression sexuelle pour des gestes qui auraient été commis en 1994.  

Brièvement questionné à ce sujet, Masson a toutefois dit «ne pas très bien savoir de quoi il s’agissait», préférant se concentrer sur le dossier actuel. 

D’emblée, il a admis avoir agi à titre de «dominateur et d’instructeur» alors que l’adolescente, qui fréquentait les cadets, tenait plutôt le rôle de «l’élève» dans le cadre de relations sexuelles où il l’a initiée à la fellation avant de lui «enseigner» la pénétration anale et vaginale sans protection.  

Selon ce qu’il a dit, il aurait également dû, à la fin des années 90, alors que sa victime avait 16 ans et qu'il en avait 29, avoir la maturité «d’éteindre l’étincelle de cette relation» qu’il croyait «consensuelle». 

Pour lui, les gestes posés à l’époque n’incluent «aucun plan ou machination», mais il a reconnu, devant le juge Pierre Rousseau, être «responsable» à cent pour cent du mal fait à la jeune femme.  

Observations 

Si le poursuivant a demandé au tribunal d’infliger au militaire une peine d’emprisonnement de cinq ans, Masson, lui, estime plutôt que les gestes multiples commis à l’endroit de la victime devraient être punis par un «emprisonnement dans la collectivité» dont il laisserait les «professionnels» déterminer la durée.   

Pour justifier cette demande, il a souligné devant le tribunal qu’il n’était pas «un prédateur à la recherche d’une proie d’opportunité» et que les accusations avaient eu sur lui de «nombreuses répercussions».  

Me Bérubé a pour sa part rappelé que les abus commis à l'endroit de la victime avaient eu pour elle de lourdes conséquences qui, plus de 20 ans après les faits, étaient toujours bien présentes. Aussi a-t-il invité le juge à ne pas se laisser «attendrir» par les préjudices vécus par l’accusé. 

«À de multiples reprises, il a traité la victime comme si elle était un objet. Et bien que monsieur vous parle de toutes les conséquences qu’il dit avoir vécues, il ne faut jamais oublier que le seul et unique responsable de tout ça, c’est lui», a dit Me Bérubé.  

Le juge a mis la cause en délibéré et Masson connaîtra son sort à la mi-octobre.