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Les banques passent au cash sur votre dos

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Que Justin Trudeau veuille soutirer annuellement aux grandes banques canadiennes une grande portion des 2,5 milliards d’impôt fédéral supplémentaires qu’il entend aller chercher avec sa hausse du taux d’imposition sur les profits des banques et compagnies d’assurance canadiennes, cela ne soulève aucun questionnement ni opposition.

Tout le monde se ferme la trappe, autant chez les partis d’opposition que dans le milieu des affaires. Et ne voulant surtout pas se faire traiter d’abuseur financier, le monde bancaire reste silencieux.

La table étant mise, qui, pensez-vous, va réellement payer la note de cette ponction fiscale supplémentaire de 2,5 milliards de dollars ?

Réponse : c’est l’ensemble des contribuables canadiens.

Comment ça ? Il faut savoir que les grandes banques canadiennes n’appartiennent pas à une poignée de gros actionnaires de contrôle.

Les Canadiens sont tous actionnaires des grandes banques canadiennes, soit directement en détenant des actions dans leurs portefeuilles privés ou indirectement par l’entremise des fonds communs de placement et des caisses de retraite publiques et privées.

  • Écoutez la chronique de Michel Girard au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Revenons à la hausse d’impôts

Tel que promis, si Justin Trudeau remporte sa troisième élection, il va augmenter le taux d’imposition fédéral sur les profits des grandes banques et compagnies d’assurance canadiennes de trois points de pourcentage, le taux fédéral passant ainsi de 15 % à 18 %.

Mathématiquement parlant, le chef du Parti libéral n’y va pas avec le dos de la cuillère puisque cette hausse de trois points de pourcentage représente une augmentation d’impôt fédéral de 20 % (18 % / 15 % = + 20 %).

Comme ponction fiscale additionnelle, on s’entend que c’est énorme.

L’équipe de Justin Trudeau estime que cette augmentation du taux d’imposition fédéral sur les bénéfices de nos grandes institutions financières rapporterait dans les coffres du fédéral quelque 2,5 milliards d’impôts supplémentaires par année.

La nouvelle hausse entrerait en vigueur à partir du prochain exercice financier 2022-23 et le demeurerait durant quatre années.

QUI PAIERA LA NOTE ?

Concrètement, il faut savoir que la grande portion de cet ajout annuel d’impôt fédéral de 2,5 milliards $ proviendra de nos grandes institutions bancaires, lesquelles sont reconnues pour leur grande rentabilité.

C’est effectivement le cas. Il faut cependant reconnaître qu’une grande portion des bénéfices des grandes banques, soit environ la moitié, est versée en dividendes aux actionnaires.

L’argent ne poussant pas dans les arbres, quand Justin Trudeau veut puiser 2 milliards d’impôt fédéral supplémentaires à même les profits des grandes banques canadiennes, il va sans dire que cela se répercutera sur les dividendes à verser aux actionnaires.

Et comme les actionnaires des grandes banques canadiennes... c’est à vrai dire l’ensemble des contribuables canadiens, cela signifie que les contribuables assumeront en grande partie la nouvelle ponction fiscale de Justin Trudeau.

Parenthèse : je persiste à croire que les grandes banques devraient réduire sensiblement les taux d’intérêt qu’elles chargent sur les soldes des cartes de crédit. Le gouvernement fédéral devrait leur forcer la main.

Que le gouvernement fédéral avec sa lourde dette dépassant les 1200 milliards de dollars sente le besoin d’augmenter ses recettes fiscales en vue de redresser l’état de ses finances n’est pas une surprise en soi.

Mais pourquoi viser uniquement les grandes banques et compagnies d’assurance canadiennes ?