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Mais que font des enfants dans les manifs?

GEN-Manifestation anti-passport à Montréal
Photo d’archives

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Que des adultes soient déchaînés, enragés contre les politiciens, contre la Santé publique, contre les médias, en fait contre ceux qui divergent d’opinions avec eux, que ces hordes descendent dans la rue, perturbent des rassemblements politiques, cela est une chose normale en démocratie.

Mais que les frustrés de toutes les causes emmènent leurs enfants dans ces trappes à dérapage relève de la maltraitance. On en a vu cette semaine avec des bébés dans les bras, d’autres poussant une poussette et d’autres accompagnés de jeunes enfants de cinq ou six ans surexcités par les cris et les insultes des adultes, sautillant et criant sur place.

Lors des dernières manifestations d’antivax, comment peut-on en conclure dans les médias que tout s’est déroulé au fond dans le calme ? Le simple fait que des parents traînent leur progéniture dans ces foules témoigne de l’irresponsabilité parentale et de l’instrumentalisation des enfants. Pourquoi personne ne s’insurge ?

Dans le contexte actuel où même des adultes réputés calmes pètent les plombs dans les lieux publics, la présence des petits est plus que choquante.

Danger

La semaine dernière, en Ontario, des hurleurs déchaînés, tenant leurs enfants par la main ou dans leurs bras, ont failli s’attaquer physiquement à Justin Trudeau. Étant donné des mesures de sécurité à l’évidence déficientes autour du premier ministre sortant, c’est un miracle qu’il n’y ait pas eu un débordement de manifestants. Ce qui aurait impliqué forcément les enfants.

Qu’ont donc dans la tête ces parents ? N’est-ce pas suffisant que les enfants aient à subir les angoisses et les anxiétés des adultes depuis le début de la pandémie ? N’est-ce pas suffisant qu’ils soient déstabilisés devant les masqués que nous sommes ?

N’est-il pas pensable que certains manifestants, envoûtés par leurs gourous qui sévissent dans les médias sociaux et qui leur dictent leur comportement, espèrent en découdre avec les forces de l’ordre ? Dans l’affirmative, espèrent-ils que la présence d’enfants empêchera les autorités policières de riposter ? Veulent-ils se servir des enfants comme boucliers ?

Combien de temps encore pouvons-nous garder le silence devant ces personnes, prisonnières de leurs chimères qui sont prêtes à endoctriner leurs propres enfants ? Prêtes à les transformer en spectateurs de leurs élucubrations et celles des autres adultes sur la place publique ?

Cobayes

À vrai dire, les enfants ne devraient jamais servir de chair à canon ni de cobayes à cause de l’aveuglement idéologique des adultes qui les entourent. 

Ne faudrait-il pas aussi exclure les enfants des manifes-tations où l’on revendique des garderies et des services scolaires ? Comme si la présence de ces petits chéris servait à attendrir les autorités peut-être ? Cela s’appelle de la manipulation, n’est-ce pas ?

L’embrigadement des enfants devrait nous être intolérable. 

Le premier droit de l’enfant est d’être un enfant. De vivre le plus longtemps possible en dehors des perceptions adultes de la vie. Certains croient que les enfants s’adaptent à tout. Oui, mais à quel prix ?

En ces mois de tourmente qui n’en finissent plus, il faut mettre les enfants à l’abri, les protéger, atténuer leurs craintes, les faire rêver et éviter de les plonger dans la réalité quotidienne. Cette même réalité qui nous accable tous.

Les enfants, de nos jours, sont si peu épargnés par nos malheurs d’adultes. Ils sont, hélas, à un clic du côté glauque de la vie.