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Faute de livreurs, son fournisseur le largue

La pénurie de main-d’œuvre peut affecter le monde de la restauration d’un très grand nombre de façons

Quebec
Photo Stevens Leblanc Le chef copropriétaire du restaurant ARVI, Julien Masia, a vu son fournisseur de fruits et légumes l’abandonner puisqu’il manque d’employés pour livrer les produits.

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Déjà affecté par la pandémie et les défis de garder son personnel, le chef copropriétaire du réputé restaurant ARVI, dans Limoilou, encaisse un autre coup dur, alors qu’il est largué par son fournisseur de fruits et légumes, qui manque carrément de livreurs pour approvisionner des clients.

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Le chef Julien Masia a appris lundi après-midi que son distributeur de fruits et légumes depuis dix ans, Hector Larivée, ne pourrait plus lui livrer ses produits frais. « Y’a plus de livreurs, donc on coupe les clients et évidemment c’est les petits restos qui écopent », a-t-il dénoncé dans une publication Facebook, mardi matin.

La mauvaise nouvelle s’ajoute donc à toutes celles encaissées depuis le début de la pandémie. M. Masia peut au moins se consoler, car il réussit tant bien que mal à garder ses employés et ne ressent pas trop la pénurie de travailleurs. Il s’est toutefois rendu compte que ce manque de main-d’œuvre peut l’affecter d’une autre façon.

« La répercussion du manque de main-d’œuvre, bien moi je ne la ressens pas avec mon staff, mais je la ressens avec mes fournisseurs », a-t-il raconté, se disant bien au fait que les fournisseurs manquent cruellement de livreurs.

Le chef du renommé établissement de la 3e Avenue le répète, il n’a pas fait cette sortie pour « flageller » son distributeur, mais bien pour montrer que ce sont « encore les petits qui écopent ». Il fait référence, notamment, à la pandémie et toutes les conséquences qui en découlent.

Pas un cas unique

Le chef Masia soutient que d’autres restaurateurs de Québec ont subi le même sort récemment et souhaite que son message puisse faire bouger les choses. « Je ne suis pas le premier, mais peut-être qu’avec ma sortie de ce matin, ça va faire parler un petit peu plus. »

Quant à savoir si la situation actuelle empirera, celui qui œuvre dans le domaine de la restauration depuis plus de 20 ans préfère ne pas trop s’avancer. Il sait cependant que le portefeuille des clients écopera.

« Peut-être que oui, ce sera plus difficile d’avoir des ententes avec des fournisseurs. Il y en a qui ne prennent plus de nouveaux clients, ça, c’est sûr. Je pense surtout à une chose. Il va falloir que la clientèle s’attende à ce que les restaurants augmentent les prix. »

Quinzaine de livreurs recherchés

La compagnie Hector Larivée concède que c’est en raison du manque de travailleurs qu’elle a été contrainte de mettre de côté de plus petits clients. Si elle le pouvait, la directrice des ventes de l’entreprise familiale, Jessica Larivée, embaucherait « une quinzaine de livreurs » pour répondre à la demande.

« Avec la COVID, on a dû mettre à pied beaucoup d’employés. [...] Ils se sont trouvé d’autres emplois. Il y a encore la PCRE qui n’aide pas la cause. Il y en a qui préfèrent rester à la maison, d’autres qui ont peur de la COVID », énumère Mme Larivée, qui dit faire elle-même des livraisons pour aider.

Elle assure toutefois que l’entreprise familiale, qui est le plus important distributeur de fruits et légumes frais au Québec, cherche des solutions pour tenter de remédier à la situation.

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