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Les verts contre le Québec

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S’il est une chose qui frappe chez les verts, au Canada et ailleurs, c’est qu’ils semblent bien moins intéressés qu’ils le disent à l’environnement. 

Ce dernier leur sert de fonds de commerce, mais les intéresse bien moins qu’ils le disent. 

On a pu le constater avec la charge à fond de train d’Annamie Paul, la cheffe verte, contre la loi 21 et contre le projet de loi 96, censé renforcer la législation linguistique québécoise. 

On verra là une manifestation parmi d’autres de l’adhésion des verts à l’idéologie multiculturaliste et de leur soumission au culte victimaire des « minorités », que l’on suppose toujours victimes de la très méchante majorité. 

Minorités ?

Il ne vient même pas à l’esprit des verts qu’à l’échelle du Canada et du continent, les Québécois sont eux-mêmes un peuple minoritaire, se battant pour sa survie. 

Mais puisque les Québécois sont « blancs » et « occidentaux », on les classe immédiatement dans le club des oppresseurs auxquels il faudrait soustraire leurs « privilèges ». Toujours la même rengaine.

On y verra aussi un calcul bien cynique d’Annamie Paul. 

Sa campagne ne lève pas vraiment. Alors, elle croit lui donner le carburant nécessaire en faisant du Quebec bashing et en réactivant les préjugés inscrits dans la culture politique canadienne-anglaise, voulant que le peuple québécois, au fond de lui-même, soit assez étranger à l’esprit démocratique, et qu’il ait besoin de la Constitution canadienne pour l’encadrer. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Mais je l’ai dit, l’indifférence relative des verts à l’environnement n’est pas une exclusivité canadienne. 

On peut le voir si on jette un œil à la vie politique française en ce moment. Les verts se cherchent actuellement un candidat pour la présidentielle de 2022.  

Une économiste, Sandrine Rousseau, semble aujourd’hui en ascension. 

Sa doctrine ? « L’écoféminisme ». Son discours ? L’Occident serait une civilisation prédatrice, qui se serait emparée du monde pour le dominer et l’écraser. 

Elle l’accuse notamment d’avoir jeté aux ordures les femmes, les racisés et la nature. Elle dénonce un monde qu’elle assimile au règne de la souillure et qu’elle veut purifier. 

Elle parle comme une prophétesse à l’esprit vengeur, ou pour le dire autrement, comme un chef religieux voulait maudire les impurs. 

Comment expliquer cette vision hallucinée ? C’est que pour les écolos, c’est d’abord l’Occident, à cause de son expansion au fil des derniers siècles, qui aurait causé le saccage de la planète. Ils ne sont pas loin de croire qu’avant son triomphe, le monde était peuplé de populations entretenant un rapport bucolique et harmonieux avec la nature. 

  • Écoutez la chronique de Mathieu Bock-Côté à l'émission de Richard Martineau sur QUB radio:

Occident

Dès lors, pour sauver l’environnement, il faut s’en prendre à l’Occident, à tout ce qu’il représente, et à celui qui l’incarne, le grand méchant homme blanc. 

Retour aux verts canadiens. La question environnementale devrait trouver une place centrale au Canada. Hélas, ce n’est pas grâce à la campagne d’Annamie Paul qu’elle la trouvera. 

De toute façon, comment concilier les intérêts environnementaux du Québec et ceux de l’Ouest canadien ? C’est à peu près impossible. 

Mais de cela non plus, Annamie Paul ne veut pas entendre parler.