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Passeport vaccinal: des commerçants résignés

L’application de la nouvelle mesure sanitaire risque de faire diminuer l’achalandage, croient certains

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Alors que le passeport vaccinal entre en vigueur aujourd’hui au Québec, les commerçants se montrent plus résignés qu’enthousiastes face à cette nouvelle mesure qui s’ajoute à la liste des contraintes auxquelles ils sont confrontés depuis le début de la pandémie. Plusieurs anticipent même une baisse de la clientèle.  

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Un fardeau de plus pour les restaurateurs  

Pour plusieurs restaurateurs, l’imposition de la vérification du passeport vaccinal est la goutte de trop.

« Il faut encore se rééquiper. On dirait qu’on nous lâche pas, la restauration. Pourquoi ne pas avoir demandé aux gens de nous fournir une preuve sur papier tout simplement ? C’est de quoi de plus qu’on nous demande de faire. Il faut mettre des employés pour scanner ça », déplore Luc Colletta, franchisé de deux restaurants Cora. « On a été fermés 10 mois sur 12, ce n’est pas comme si on avait les moyens de refuser du monde », a-t-il ajouté. 

Luc Colletta, franchisé de deux restaurants Cora
Photo Diane Tremblay
Luc Colletta, franchisé de deux restaurants Cora

Déjà que la pénurie de main-d’œuvre fait très mal aux restaurateurs, poursuit M. Colletta. « Les seuls qui sont venus travailler, ce sont les 14 à 16 ans qui viennent de repartir pour l’école. Je passe de 15 à 3 cuisiniers. On est partout pour essayer de pallier. Je fais de la plonge. Ça devient très dur. Depuis qu’on a recommencé, je n’ai pas pris de vacances », a-t-il confié.   

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Carl Bolduc, propriétaire du restaurant Goofy à Alma, et Martin Guimond, propriétaire du bar Saint-Bock à Montréal, sur QUB radio:    

Les agences de sécurité sont complètement débordées 

Les entreprises de services de sécurité sont fortement sollicitées par les commerces à la recherche d’agents pour assurer la vérification du passeport vaccinal. Chez Sécurité Sirois, le téléphone ne dérougissait pas hier.

« On a eu quelques demandes cette semaine, et là, ça déboule beaucoup », indique le propriétaire de l’entreprise, Martin Sirois, à moins de 24 heures de l’entrée en vigueur du passeport vaccinal.

L’entreprise Haute Protection La Capitale est également débordée. « On en a eu une bonne cinquantaine, même voir une soixantaine, juste pour Montréal et Québec », avance Maxime Parent, superviseur au centre opérationnel de l’entreprise. 

Garda n’y échappe pas. Par courriel, l’entreprise a indiqué avoir reçu des demandes de clients réguliers, mais aussi de nouveaux clients, sans toutefois vouloir les quantifier.

Les salles d’entraînement sont prêtes  

Gabriel Hardy, propriétaire de Gym Le Chalet
Photo Diane Tremblay
Gabriel Hardy, propriétaire de Gym Le Chalet

Avec ce qui s’est passé lors de la dernière vague, les centres d’entraînement n’ont pas une grande marge d’erreur avec la mise en application du passeport vaccinal. Il n’a suffi que de la négligence d’un seul établissement (Méga Gym), pour provoquer une flambée de cas à Québec.

« On a toujours suivi les mesures, mis à part un exemple qui est sorti dans la dernière année », a affirmé Gabriel Hardy, propriétaire de Gym Le Chalet, qui soutient que tout est en place.

« À partir du 1er septembre, toutes les puces de nos abonnés vont être bloquées. On va valider la preuve vaccinale de chaque client qui va se présenter. Pour nous, c’est une garantie pour ne pas refermer », a expliqué M. Hardy.

Ce dernier estime qu’environ 10 % des clients pourraient annuler leur abonnement, ce qui correspond à la proportion dans la population en général qui ne veut rien savoir des vaccins. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Gabriel Hardy sur QUB radio:   

Patience de mise au cinéma  

Robin Plamondon, copropriétaire des cinémas Le Clap, à Québec.
Photo Diane Tremblay
Robin Plamondon, copropriétaire des cinémas Le Clap, à Québec.

Les clients qui fréquentent le cinéma devront se montrer un peu plus patients avant d’obtenir leur billet avec les nouvelles mesures. 

« Malgré tous nos efforts, cela représente environ 20 à 30 secondes supplémentaires par client pour l’entrée en salle. Lors des périodes de pointe, où l’on doit faire entrer de 500 à 600 personnes à l’heure dans nos salles de cinéma, cela veut dire 5 employés supplémentaires affectés juste pour scanner le passeport vaccinal », explique Robin Plamondon, copropriétaire des cinémas Le Clap, à Québec.

« Ce qu’on ne sait pas encore, c’est l’impact que le passeport va avoir sur la clientèle. Un peu partout dans le monde où des systèmes similaires ont été implantés, il y a un creux qui s’est créé dans les premières semaines. On a cette inquiétude-là, c’est certain. »

« On aime mieux avoir le passeport que d’être fermé, mais est-ce que le passeport est nécessaire encore ? Le passeport est mis en application sans qu’il y ait nécessairement une perte de contrôle au niveau pandémique », se questionne M. Plamondon dont l’entreprise a été fermée pendant huit mois.

  • Écoutez l'entrevue de Geneviève Pettersen avec Paul Langevin, copropriétaire du cinéma Le Tapis Rouge de Trois-Rivières, dès 8min00 sur QUB radio:

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