/news/politics
Navigation

Terrebonne: Les conventions collectives au cœur de la campagne électorale municipale

Marc-André Plante, maire de Terrebonne
Photo le Journal de Montréal, Chantal Poirier Marc-André Plante, maire de Terrebonne

Coup d'oeil sur cet article

Le maire de Terrebonne a entamé une partie de bras de fer avec les syndicats des cols bleus et des policiers de sa ville, et veut en faire un dossier prioritaire de la campagne électorale en vue des élections de novembre prochain, ce que les principaux intéressés et l'opposition dénoncent.

• À lire aussi: Catherine Fournier consolide son avance à Longueuil, selon un sondage.

«Nos employés sont parmi les mieux payés dans le monde municipal au Québec et on doit revoir absolument les conventions collectives afin de les adapter à 2021», soutient le maire Marc-André Plante.

Il affirme que les offres salariales de la Ville sont supérieures à celles que les employés de l’État ont obtenues dans la dernière année, sans toutefois pouvoir donner de montants précis en raison des négociations qui ont lieu en ce moment.

Les conventions collectives des cols bleus et des policiers sont échues depuis 2019. M. Plante aimerait pouvoir régler le dossier avant les prochaines élections, mais il affirme que les syndicats font traîner les négociations.

«Nous, on veut revoir les conventions pour qu’elles reflètent la réalité du travail d’aujourd’hui. Ce n’est pas tant une question d’augmentation de salaire que d’avoir des conventions plus flexibles», lance le maire.

Embauche automatique

M. Plante donne en exemple la convention de la Fraternité des policiers de Terrebonne. La Ville est obligée d’embaucher trois policiers par tranche de 1000 habitants qui s’ajoute dans la population. «Ça ne fonctionne plus automatiquement comme ça. Il y a de nouvelles technologies qui facilitent le travail. On n’est pas obligé d’en embaucher trois automatiquement», précise-t-il.

Il explique qu’il y a davantage de constructions en hauteur, ce qui fait que le temps d’intervention n’est plus le même.

En avril dernier, le dossier de la convention collective des policiers a été porté devant le Conseil de règlement des différends formé de trois juges - nommés par Québec - qui doivent trancher dans les négociations. Ils ont de six à huit mois pour prendre une décision. Une première rencontre entre les juges et les parties devrait avoir lieu au début du présent mois.

Le président de la Fraternité des policiers de la Ville, Patrick Lepage, est très déçu de l'attitude de l'administration municipale. «Ça ne va vraiment pas bien. C'est l'attitude du maire. Il ne semble pas vouloir négocier», dénonce M. Lepage.

De son côté, le président du syndicat des cols bleus de Terrebonne confirme aussi que la situation est difficile. «Au niveau de la rémunération globale, la Ville veut nous couper de 27%. On parle ici de congés par exemple et d'autres avantages. C'est faux qu'on n'est pas ouverts à optimiser les services aux citoyens en améliorant la convention collective. On est prêts à discuter de tout», dit Guillaume Tremblay, président du syndicat des cols bleus.

Le chef du parti d’opposition Mouvement Terrebonne et candidat à la mairie, Mathieu Traversy, déplore, pour sa part, le climat toxique à la Ville ainsi que les méthodes du maire sortant. «On ne doit pas confronter les syndicats mais travailler en concertation et avoir des discussions avec eux comme cela se fait dans d'autres villes. Le climat de travail est important pour nos employés municipaux», dit-il.