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Au cégep et à l'université, la maîtrise du français des étudiants «n’est pas à la hauteur»

Québec lance un groupe de travail pour donner un coup de pouce

La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann
Photo Agence QMI, Joël Lemay La ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann

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La maîtrise du français des étudiants au cégep et à l’université préoccupe la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, qui crée un groupe de travail pour se pencher sur la question.

Les résultats ne sont « pas à la hauteur », selon Québec. 

Au cégep, le taux de réussite de l’épreuve uniforme de français est de 84 %, mais la quasi-totalité des échecs s’explique par la maîtrise de la langue, qui est le critère d’évaluation qui cause le plus de fil à retordre aux étudiants.

Le groupe de travail aura pour mandat d’établir un « diagnostic » afin d’identifier le bon remède, a expliqué la ministre McCann jeudi.

Il s’agit de l’une des mesures « très importantes » contenues dans le Plan d’action sur la réussite en enseignement supérieur qui a été présenté, un vaste chantier réclamé depuis longtemps dans le réseau collégial. 

« La maîtrise du français, je pense que c’est vraiment la voie de passage pour qu’on augmente la diplomation », a affirmé Mme McCann.

Québec prévoit d’investir 450 millions $ sur cinq ans pour faire augmenter la réussite chez les étudiants. Au cégep, le taux de diplomation fait du surplace depuis des années, l’objectif étant de le faire passer de 64 % à 68 % d’ici deux ans.

Des sommes seront notamment consacrées à l’embauche de professionnels, comme des éducateurs spécialisés ou des conseillers en orientation, pour mieux soutenir et encadrer les étudiants.

Le taux de diplomation dans le réseau collégial, dont fait partie le cégep Garneau, stagne autour de 64 % depuis plusieurs années.
Photo d'archives
Le taux de diplomation dans le réseau collégial, dont fait partie le cégep Garneau, stagne autour de 64 % depuis plusieurs années.

Intelligence artificielle

Différents mécanismes de suivi seront par ailleurs mis en place afin de mieux identifier les étudiants à risque ou en difficulté. 

Une application utilisant l’intelligence artificielle sera développée par Québec et un algorithme permettra de prédire les chances de réussite des étudiants.

Un plan d’action sur la santé mentale a aussi été présenté, jeudi, doté de 60 millions $, visant notamment à améliorer l’accès à des services d’aide sur les campus.

« Il était temps »

Les deux fédérations étudiantes de la province ont salué l’annonce de jeudi. « Il était temps, a lancé Samuel Vaillancourt, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ). C’est un investissement historique, il faut le souligner. »

Dans les rangs des enseignants, on considère toutefois que l’amélioration de la qualité du français ne doit pas reposer uniquement sur les épaules du réseau collégial. « Comment ça se fait qu’il y ait autant d’étudiants qui arrivent au cégep avec des problèmes en français ? », lance Yves de Repentigny, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec. 

– Avec la collaboration de Dominique Scali

Diplomation collégiale et universitaire au Québec     

  • Taux de diplomation au cégep : 64,3% (deux ans après la durée prévue des études)   
  • Taux de réussite à l’épreuve uniforme de français : 84,1%     

Proportion des 25-64 ans qui détiennent un diplôme universitaire:   

  • Québec : 29%   
  • Reste du Canada : 32%