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Grande fierté pour Benjamin St-Juste

Le demi de coin québécois sera parmi les partants à Washington

Benjamin St-Juste s’est démarqué tout au long du camp d’entraînement avec l’équipe de Washington.
Photo courtoisie, Équipe de football de Washington Benjamin St-Juste s’est démarqué tout au long du camp d’entraînement avec l’équipe de Washington.

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Les joueurs québécois dans la NFL n’ont jamais été légion. En défensive, c’est une denrée encore plus rare. L’exploit de Benjamin St-Juste, qui est parvenu à se tailler un poste comme demi de coin partant à Washington à l’aube de sa première saison, c’est tout simplement du jamais vu.

«Être partant en tant que recrue, c’est quelque chose d’extrêmement difficile. Il y a 53 joueurs dans l’équipe, donc il y a peu de place pour l’erreur. Ce qui me rend fier, c’est quand je regarde d’où je viens.

«Je suis un gars du Québec, qui a été repêché 74e, qui joue demi de coin et qui se retrouve comme partant. Laisse-moi regarder qui a fait ça dans le passé... Personne! C’est quand même gros comme accomplissement», s’est réjoui St-Juste au bout du fil, débordant de confiance et de fierté, lors d’un entretien avec Le Journal.

Benjamin St-Juste s’est démarqué tout au long du camp d’entraînement avec l’équipe de Washington.
Photo courtoisie, Équipe de football de Washington

Phénomène rare

Et avec raison! Après tout, seulement quatre joueurs québécois évoluant en défensive ont joué dans la NFL avant St-Juste, soit l’ailier défensif Mehdi Abdesmad (Titans), les secondeurs Andy Mulumba (Packers) et Brian Forde (Saints) ainsi que le demi défensif Mark Montreuil (Chargers).

Du lot, Mulumba avait obtenu un départ à sa saison recrue, en 2013. Montreuil, qui évoluait comme St-Juste dans la tertiaire, avait eu un seul départ à sa troisième et dernière année dans la NFL, en 1997.

«Il y a beaucoup plus de jeunes qui vont pouvoir dire qu’ils aimeraient faire comme Benjamin St-Juste et je suis capable de leur donner un exemple et du support.

«Je n’avais pas ça quand j’étais jeune parce qu’il n’y avait pas vraiment de demi défensif ou de receveur qui avait percé dans la NFL. Ça en prenait seulement un et je suis content que ce soit moi parce que ça peut donner de l’espoir aux jeunes à la maison», a affirmé le grand demi de coin de 6 pi 3 po.

Benjamin St-Juste s’est démarqué tout au long du camp d’entraînement avec l’équipe de Washington.
Photo courtoisie, Équipe de football de Washington

Un solide camp

Tout au long de l’été, St-Juste a laissé sa marque en évoluant avec les partants, affrontant les meilleurs éléments adverses lors des matchs préparatoires.

Plus le temps filait, plus il devenait clair qu’il occuperait un rôle prédominant dans la tertiaire de l’équipe de Washington, aux côtés des vétérans William Jackson III et Kendall Fuller.

«Je suis très content de mon camp. Je pense que ça va me donner beaucoup de temps de jeu. Il y a beaucoup d’équipes qui jouent avec trois receveurs et il faut des formations à trois demis de coin plus souvent.

«J’avais connu un super mini-camp et de bons entraînements printaniers. Je savais que je pouvais recréer le même scénario. Tout était une question de rester constant et c’est ce que je me suis appliqué à faire à tous les jours en arrivant préparé. Ça a payé à long terme», a-t-il expliqué.

Capacité d’adaptation

Évidemment, l’ancien des Spartiates du Vieux-Montréal et de l’Université du Minnesota (après un transfert du Michigan) a gagné ses gallons en réalisant de gros jeux. Il s’est par-dessus tout mérité le respect de ses pairs en s’adaptant sur-le-champ aux rigueurs de la NFL.

«J’ai su gagner la confiance de mes entraîneurs. Si tu ne gagnes pas la confiance de tes coachs et coéquipiers, ils vont se demander si tu connais tes jeux, si tu vas leur coûter un touché, et ils ne voudront pas te mettre sur le terrain. J’ai été capable de m’adapter vite même si je suis encore en développement. Je n’ai pas fait les mêmes erreurs deux fois.»

L’importance du moment présent    

Même s’il sera entièrement dévoué à la tâche colossale qui se dresse devant lui, Benjamin St-Juste entend prendre le temps de savourer chaque moment qu’il s’apprête à vivre dans la NFL.

Souvent, les athlètes ne tiennent pas le même discours. Une fois dans la cour des grands, il y a tellement à accomplir qu’ils se permettent difficilement de savourer le moment, prétendent-ils.

Le Montréalais sait pertinemment que la ligue ne lui fera pas de cadeau et qu’il lui faudra continuer de trimer dur au quotidien. Il n’y voit pas une raison de ne pas prendre un moment pour réaliser ce qu’il vit.

Après tout, puisque l’équipe de Washington a terminé au premier rang de sa division la saison dernière, elle se mesurera à plusieurs canons. Au menu, notamment, ils croiseront les Bills, Chiefs, Packers, Buccaneers et Seahawks.

«Je prends toujours le temps d’apprécier le moment. Quand j’ai joué un match préparatoire au Gillette Stadium, j’ai pensé au nombre de fois que j’ai vu Tom Brady jouer là. Je vais jouer contre Patrick Mahomes, Russell Wilson, Aaron Rodgers, Tom Brady...

«Il faut toujours s’assurer de savourer, parce que ce sont des moments qui passent vite et que tu ne pourras jamais revivre. Il faut juste trouver l’équilibre entre savourer et rester concentré sur le travail», a dit St-Juste.

Des doutes

Même s’il a toujours été confiant en ses moyens, il ne faudrait surtout pas penser que St-Juste se croit parvenu. Comme tout bon joueur recrue, il reconnaît que cette première saison amène son lot de questionnements.

«Il y a tellement d’incertitudes en tant que recrue dans la NFL. Comment ça va se passer? Les matchs sont comment? Les fans sont comment? C’est quoi l’intensité des matchs?

«Je vais vivre un calendrier plus intense aussi avec 17 matchs de saison régulière sans compter les séries. Je veux rester en santé, concentré et maintenir un horaire discipliné», a insisté celui qui a été identifié dans les médias de Washington comme l’une des vedettes du camp qui vient de se terminer.