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Coparentalité: de grands amis deviennent futurs parents

«On va fabriquer notre modèle de coparentalité», dit la maman

Quebec
Photo Stevens Leblanc Même s’ils ne forment pas un couple, Florent Tanlet et Andrée Martin deviendront bientôt les heureux parents d’une petite fille. « Chaque famille est unique », observe le papa.

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Andrée Martin est célibataire et Florent Tanlet est gai. Ils ne forment pas un couple, ils n’ont même jamais été des amoureux, pourtant ils s’apprêtent à vivre ensemble la plus belle aventure humaine : devenir les parents d’un enfant.

Vers la fin de novembre, si la cigogne respecte la date de livraison, la journaliste de TVA-Québec mettra au monde une fille et scellera ainsi à jamais sa profonde amitié avec le futur papa.

« On va fabriquer notre modèle de coparentalité au fur et à mesure que notre fille va grandir. Au départ, comme j’ai prévu d’allaiter, elle va toujours être avec moi, mais Florent va pouvoir venir la voir aussi souvent qu’il le veut », confie Andrée Martin.

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Chacun des parents a d’ailleurs aménagé une chambre pour bébé à son domicile.

« Chaque enfant est unique, mais chaque famille est unique. L’important, c’est tout l’amour que cette fille va recevoir », renchérit Florent Tanlet.  

  • Écoutez l'entrevue d'Andrée Martin au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:   

La décision

Comment en sont-ils arrivés là ? Tout part du désir d’Andrée Martin, rendue à la mi-trentaine, d’avoir un enfant. Seul hic, elle n’avait pas rencontré l’homme de sa vie au moment où l’horloge biologique s’est mise à sonner.

« J’ai décidé de me lancer dans l’aventure de la soloparentalité », raconte-t-elle.

Des tests lui ont cependant imposé d’accélérer le processus puisque sa fertilité était « en chute libre ».

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Elle en était à faire du repérage pour trouver un donneur anonyme quand elle a parlé de son projet à Florent lors d’un party.

Sa réaction a été inespérée. Dans la même soirée, sur un ton semi-blagueur, il lui a lancé : « Et dire que ça aurait pu être moi, le papa ».

Ce n’est pas tombé dans l’oreille d’une sourde. Après avoir bien pesé le pour et le contre, ils ont décidé de foncer.

« J’avais toujours voulu être une famille d’accueil. Étant donné que je suis gai, j’avais tiré un trait sur l’option biologique », dit le papa.

« À partir du moment où je me suis dit que j’allais donner un père à mon enfant, je n’étais plus capable de me dire que j’y allais toute seule », enchaîne la maman, aujourd’hui âgée de 40 ans.

Long processus

Passons sur tous les détails, mais le processus n’a pas été une sinécure. Refusés à Québec parce qu’ils ont avoué qu’ils n’étaient pas un couple (« on s’est fait dire que nous aurions dû mentir », s’étonne Andrée Martin), ils ont dû se tourner vers une clinique de fertilité de Montréal pour procéder à ce qu’on appelle un don dirigé.

Après diverses tentatives qui ont testé sa résilience et celle de Florent Tanlet, c’est une fécondation in vitro, exercée en dernier recours, qui a permis à Andrée Martin de réaliser son rêve.

« Je sautais de joie quand j’ai reçu l’appel. C’était un immense soulagement », relate-t-elle.

Le chemin pour y arriver aura été inhabituel, mais cette enfant ne manquera pas d’un ingrédient essentiel : l’amour inconditionnel de ses parents.

  • Écoutez la chronique de Vincent Dessureault au micro de Geneviève Pettersen à QUB radio

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