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La générosité du gouvernement fédéral va nous coûter très cher

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Photo AFP et Agence QMI, Guy Martel On ignore encore si Justin Trudeau restera premier ministre, après les élections, ou s’il sera délogé par Erin O’Toole (à droite). Mais, étant donné leur « générosité », le déficit et la dette risquent fort d’augmenter, peu importe le vainqueur.

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Si je me fie à la « générosité » des promesses électorales effectuées depuis le début de la campagne électorale par les deux candidats susceptibles de prendre le pouvoir, soit Justin Trudeau et Erin O’Toole, les déficits et la dette risquent fort d’augmenter lors de la prochaine législature.

Jusqu’à présent, aucun des deux n’a annoncé un train de mesures en vue de rééquilibrer le budget fédéral, soit en coupant dans les dépenses de certains programmes fédéraux et/ou en haussant significativement les revenus fiscaux.

Ce serait pertinent qu’ils le fassent lors du premier Face-à-Face 2021, lequel aura lieu ce soir, à 20 h, en simultané à TVA, LCN, QUB radio et leurs plateformes numériques. Seront également présents à ce débat Yves-François Blanchet, chef du Bloc québécois, et Jagmeet Singh, chef du Nouveau Parti démocratique.

L’assainissement des finances fédérales mériterait vraiment qu’on s’y attarde sérieusement. Et voici pourquoi.

D’entrée de jeu, j’aimerais rappeler aux candidats au poste de premier ministre du Canada de la prochaine législature que les taux d’intérêt vont augmenter sensiblement au cours des quatre prochaines années.

Cela laisse présager qu’il en coûtera énormément plus cher pour financer la lourde dette fédérale.

  • Écoutez la chronique de Michel Girard au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio: 

Le coût de la dette explose

Selon les prévisions du bureau du Directeur parlementaire du budget devant servir aux différents partis politiques pour évaluer le coût de leurs promesses électorales, le taux des obligations du gouvernement fédéral à 10 ans va, d’ici 2025, quadrupler par rapport à l’année pandémique de 2020.

Ainsi pour financer sa lourde dette par l’entremise d’émissions d’obligations sur le marché obligataire, le gouvernement fédéral sera notamment contraint de verser aux détenteurs des obligations fédérales de 10 ans un taux d’intérêt annuel de 2,8 % en 2025, comparativement à seulement 0,7 % en 2020.

Non seulement les taux d’intérêt à payer sur la dette fédérale vont fortement grimper au fil des prochaines années, mais en plus, il en est de même pour le volume de la dette à financer.

Dans quatre ans, soit lors de l’exercice 2025-2026, il est prévu que la dette fédérale atteindra les 1322 milliards $, soit 600 milliards de plus qu’en 2019-20.

L’impact sur les finances fédérales ? Il est prévu que les frais de la dette fédérale s’élèveront en 2025-2026 à quelque 37,6 milliards $. C’est 80 % de plus que la facture payée lors de l’exercice financier 2020-2021.

Coûteuse COVID-19

C’est notamment en raison du vaste et coûteux « Plan d’intervention économique du Canada pour répondre à la COVID-19 » mis en place par Justin Trudeau pour secourir les Canadiens et les entreprises canadiennes victimes de la pandémie du coronavirus que le gouvernement fédéral a vu sa dette bondir dramatiquement.

D’après les calculs effectués par le ministère des Finances et le Directeur parlementaire du budget, la facture des mesures du Plan d’intervention contre le désastre de la COVID-19 de Trudeau va s’élever, à elle seule, à 352 milliards $.

À cette facture s’ajoute une hausse marquée des charges des autres programmes fédéraux (transferts aux personnes et transferts aux provinces). 

Les revenus étant nettement inférieurs à l’ensemble des dépenses, le gouvernement fédéral a forcément déclaré de lourds déficits lors des deux derniers exercices financiers : 335 milliards en 2020-2021 et 138 milliards en cette année 2021-2022.

  • Écoutez La Rencontre Dutrizac-Dumont sur QUB radio:

Prochaine législature

Compte tenu des engagements financiers pris par le gouvernement Trudeau avant la présente course électorale, il est déjà prévu que les quatre prochaines années de la prochaine législature se boucleront elles aussi avec des déficits, pour un total de 128 milliards $, dont :   

  • En 2022-2023 : 42,2 milliards $   
  • En 2023-2024 : 35,6 milliards $   
  • En 2024-2025 : 24,8 milliards $   
  • En 2025-2026 : 24,6 milliards $      

Avec les promesses électorales dévoilées à ce jour, il est évident que ces déficits seront largement surpassés.

Si Trudeau et O’Toole ne sont pas d’accord avec mon affirmation, je les prie de nous dévoiler les compressions budgétaires et/ou hausses d’impôt et de taxes qu’ils entendent mettre de l’avant.