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Mairie de Québec: Jackie Smith veut combler un vide à gauche

L’environnement est au cœur de son engagement

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Photo Stevens LeBlanc Jackie Smith, cheffe de Transition Québec, a rencontré Le Journal hier à la Place Limouloise, dans le quartier Limoilou, où elle habite.

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Assumant parfaitement son positionnement à gauche de l’échiquier politique, la candidate à la mairie Jackie Smith pense qu’il y a un appétit à Québec pour de grandes réformes en matière d’environnement et de justice sociale.

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Péages sur les autoroutes, définancement de la police, réduction de 45 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990 : ce ne sont pas les idées audacieuses qui manquent dans le programme électoral de Transition Québec, anciennement connu sous le nom d’Option Capitale-Nationale.

La cheffe du parti, Jackie Smith, en est bien consciente et y voit un atout.

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Photo Stevens Leblanc

« Je pense qu’une des raisons pour lesquelles on attire autant de monde, autant de bénévoles, autant de personnes qui lèvent la main pour être candidat ou candidate, c’est qu’on dit les vraies affaires. On regarde la science, on regarde les études. Les solutions sont claires », dit-elle.

Changements climatiques

La mère de 39 ans et résidente de Limoilou est persuadée que les villes doivent jouer un rôle de premier plan dans la lutte aux changements climatiques. Le tout premier geste qu’elle poserait si elle était élue serait d’ailleurs d’instaurer la gratuité du transport en commun.

Elle rêve de quartiers qui se marchent plus facilement, où les services de proximité sont plus nombreux, où la canopée est plus grande et où l’automobile prend beaucoup moins de place. « Moi, je vois qu’il y a une mobilisation, un désir fort pour mettre l’environnement aux priorités de l’hôtel de ville, et il n’y a pas d’autre parti politique qui a le courage d’amener la transition et de prendre une position forte, par exemple contre le 3e lien ».

Rôle de la police

Dans un autre dossier, Mme Smith croit que la manifestation pour dénoncer la mort de George Floyd aux États-Unis, qui a réuni quelques milliers de personnes dans les rues de Québec l’an dernier, démontre qu’il y a une volonté de réformer la police.

Transition Québec propose de retirer le port d’armes à feu lors des patrouilles régulières. Des armes pourraient toutefois être accessibles dans les véhicules. D’autre part, une portion du financement alloué au Service de police de la Ville de Québec serait utilisée pour créer une équipe municipale d’intervention communautaire.

« On a vu qu’il y a un vrai désir pour changer le rôle de la police, adresser le profilage racial, adresser le rapport de force entre les personnes itinérantes dans les quartiers centraux et la police », soutient Mme Smith.


Non à un métro sous-fluvial

Farouchement opposée au projet de tunnel Québec-Lévis, Jackie Smith ne croit pas non plus qu’un troisième lien consacré uniquement au transport en commun sous la forme d’un métro sous-fluvial, tel que le préconise Jean Rousseau de Démocratie Québec, soit la solution. 

« Ça va coûter encore plus cher et je ne sais même pas si ce serait faisable. Avec la géologie [du fleuve], ça va être une montagne russe. » 

Quant au tramway de Québec, elle y est complètement favorable. Mais, pour sauver le plus d’arbres matures, elle s’opposerait à l’élargissement des routes, quitte à supprimer des voies pour les voitures. « Si c’est une question d’arbre ou d’automobile, on choisit les arbres chaque fois. »


Des récompenses pour les plus verts

Une administration de Transition Québec reverrait la manière dont sont taxés les citoyens et les entreprises pour tenir compte de leur empreinte sur l’environnement. 

« Si vous avez un style de vie qui a une faible empreinte écologique, il n’y aura pas d’augmentation de taxes, c’est sûr, il y aura peut-être même une réduction de taxes. Si vous avez un style de vie qui a un fort impact écologique, il y aura des mécanismes en place pour vous encourager fortement à adopter des moyens plus écologiques », affirme Jackie Smith.


Des pubs à la radio, mais...

Si elle était élue mairesse, Mme Smith ne fermerait pas la porte à retirer les placements publicitaires dans certains médias, comme la Ville de Québec l’a fait avec la station CHOI pendant la pandémie. 

« C’est important de s’assurer qu’on dépense l’argent public dans l’intérêt du public. Ce n’est pas une question de Radio X ou de n’importe quel média, mais si un modèle d’affaires dépend [de] la remise en question de la science, de la santé publique, et du bien-être général, surtout mettre en question les mesures sanitaires pendant une pandémie mondiale, je ne pense pas que c’est un choix responsable de financer une entreprise qui nuit au bien-être public. » 

Pour ce qui est d’accorder une entrevue dans ce type de radio, « ça dépendra grandement du contexte », affirme-t-elle.

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