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Armes d’assaut: O’Toole rattrapé par sa plateforme

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Erin O’Toole a déclaré son intention de maintenir l’interdiction des armes d’assaut, même si la plateforme du Parti conservateur tend plutôt vers une abrogation du décret de l’année dernière à cet effet. 

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«Nous allons maintenir l’interdiction sur les armes d’assaut», a déclaré vendredi le chef conservateur, qui s’est montré inflexible, lorsque questionné sur cette apparente contradiction. Il n’a pas voulu en dire plus.

M. O’Toole n’a pas voulu s’étendre non plus sur la possibilité d’instaurer un programme de rachat obligatoire des armes d’assaut, qui devrait commencer en 2022 selon les provisions contenues dans le décret.

Dans leur plateforme, les conservateurs indiquent bel et bien qu’ils ont l’intention d’«abolir» ce décret de mai 2020, qui interdisait la vente, l’achat ou l’importation de plus de 1500 de ces armes dites de style «armes d’assaut».

La décision des libéraux était tombée un mois après la plus grande tuerie de masse de l’histoire du pays, en Nouvelle-Écosse, qui a fait 23 morts et trois blessés en avril 2020.

Le directeur des communications au Québec du Parti conservateur, Axel Rioux, a clarifié la position de son parti dans une déclaration transmise vendredi après-midi.

«Nous allons commencer par abolir le projet de loi C-71 et le décret de mai 2020, et faire un examen de la Loi sur les armes à feu avec la participation des forces de l’ordre, des propriétaires d’armes à feu, des fabricants et du public», a-t-il fait savoir.

«Nous allons ensuite la mettre à jour en créant un système de classification simplifié et en le codifiant dans la loi pour bien préciser quels types d’armes entrent dans chaque catégorie et assurer que les décisions sur la classification peuvent être prises rapidement, le public et les propriétaires d’armes à feu ayant l’assurance qu’elles ne sont pas arbitraires», a ajouté M. Rioux.

Les libéraux ont sauté sur l’ambiguïté de la position des conservateurs, qui a rattrapé leur chef le jour où il annonçait son plan pour s’attaquer aux gangs de rues.

«Son manque de clarté sur cet enjeu est malheureusement typique d’un chef qui dit une chose aux groupes d’intérêt, les anti-choix, les lobbys des armes à feu et ceux qui nient les changements climatiques, pendant qu’il essaie de dire le contraire aux Canadiens», a affirmé Justin Trudeau en point de presse vendredi. Il avait d’ailleurs apostrophé M. O’Toole sur ce sujet lors du Face-à-face jeudi soir.

«Pour lui, à peu près toutes les armes d’assaut, particulièrement celles qui ont été utilisées par Marc Lépine à la Polytechnique, ou encore celle utilisée à la Mosquée de Québec, devraient être, bien entendues, disponibles au sein de nos rues, un peu partout à travers le pays. Sincèrement, ce n’est pas ce que le monde veut», a lancé la ministre libérale Mélanie Joly, qui en a rajouté une couche vendredi après-midi.

L’organisation Poly Se Souvient s’est mise de la partie, accusant M. O’Toole de «mentir» lorsqu’il dit vouloir «maintenir» l’interdiction des armes d’assaut.

«Il parle de l'interdiction des armes entièrement automatiques en vigueur depuis des décennies, sachant très bien que les questions des journalistes faisaient référence aux récentes interdictions de 2020. Il récupère la tactique du lobby des armes à feu qui consiste à jouer avec la sémantique afin d'éviter de défendre l'indéfendable, c'est-à-dire rendre à nouveau légales les armes semi-automatiques de type militaire contre la volonté de 80 % des Canadiens», a-t-on déclaré dans un communiqué.

De son côté, les conservateurs croient qu’«au lieu de prendre des mesures pour mettre fin à la violence des gangs, les libéraux ont réduit les peines pour les criminels accusés d’une infraction liée aux armes à feu».

«C’est pourquoi M. O’Toole a annoncé son plan équilibré pour mettre fin à la violence des gangs, retirer les armes illégales de nos rues et assurer la sécurité de nos collectivités», a affirmé Axel Rioux.

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