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Décès de Jeanette Zacarias Zapata : «Je suis terrifié pour notre sport»

Décès de Jeanette Zacarias Zapata : «Je suis terrifié pour notre sport»
Martin Chevalier / JdeM

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Le décès de la jeune boxeuse mexicaine Jeanette Zacarias Zapata, jeudi, à l’hôpital du Sacré-Cœur-de-Montréal, est un coup dur pour les adeptes de ce sport, même aussi loin qu’au Saguenay–Lac-Saint-Jean. 

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Au Club de boxe de Chicoutimi, on ne cache pas que c'est un choc.

«Laisser sa vie pour un sport, c'est d'une tristesse incroyable. Une jeune fille qui n'a pas eu le temps de vivre. On est tous sous le choc», a affirmé vendredi à TVA Nouvelles la présidente par intérim du Club, Véronique Dufour, qui est venue s’entraîner sur des sacs de sable et des ballons, mais qui n’a pas eu le cœur à monter dans l’arène pour faire des rondes d’entraînement.

L’entraîneur d’expérience Michel Desgagné était au gala fatidique à Montréal. «Je suis vraiment dévasté. Terrifié pour notre sport.»

Il espère que la boxe professionnelle amorcera maintenant une réflexion pour sécuriser les athlètes. «Est-ce que les autorités de la boxe professionnelle mondiale sont prêtes à le faire? On sait que c'est une “business” et on y va pour le spectacle», croit-il.

La première proposition qu’il adresse, c’est que les pros utilisent les mêmes gants qu’en boxe amateure. Avec ceux des pros, on sent bien les jointures lorsqu'on appuie sur les coussinets, ce qui n’est pas le cas avec la version amateure.

«Avec une mousse plus absorbante, on a un gant qui est quand même protecteur», estime l’entraîneur.

Véronique Dufour, qui a fait des combats amateurs, ne voudrait pas affronter une adversaire qui aurait des gants moins coussinés. «Les gants en boxe professionnelle, je ne voudrais pas me battre avec ça. Recevoir des coups.»

La deuxième suggestion de Michel Desgagné serait d’avoir un meilleur suivi sur les commotions. «Si je ne donne pas le temps de guérison, c'est là qu'il y a des problèmes», a-t-il précisé.

M. Desgagné propose également qu’il y ait un compte de huit donné par l’arbitre à un boxeur debout lorsque cet athlète est débordé. Selon lui, il ne faut pas attendre qu'il soit au tapis.

«Ça permet à l'athlète de prendre une petite pause. Ensuite, on va revenir. En boxe professionnelle, le “show” est là. Il y a de l'argent en jeu, a rappelé M. Desgagné. J'espère que des gens vont s'asseoir – le gouvernement, les médecins, les gens de la boxe. Est-ce qu’on est capable d'avoir une réflexion intelligente pour garder notre sport vivant?»

«Il n'y a pas de raison qu'on arrive dans le ring et que les mesures ne soient pas prises, que quelqu'un y laisse sa vie, a ajouté Mme Dufour. La boxe professionnelle doit avoir une remise en question. La lumière est plus qu'ouverte. Le drapeau est plus que levé. Il faut réagir.»

Cette remise en question, le chef du département de chirurgie à l’hôpital de Chicoutimi, le Dr Hans McLelland, croit qu’elle doit se faire chez les pros.

«Certainement qu'il faut se pencher là-dessus. Tristement, je pense que cela va nous amener là. Ce qui va faire foi de tout, c'est le rapport du coroner pour savoir exactement, après une recherche approfondie, quel était l'état de santé de la combattante mexicaine, ses antécédents médicaux, de combat? Savoir exactement ce qui s'est passé.»

À travers ce triste drame, Véronique Dufour se préoccupe de celle qui affrontait la Mexicaine, la boxeuse québécoise, Marie-Pier Houle.

«Je pense à Marie-Pier Houle. J’ai fait des combats. [J’ai] affligé des coups à l'adversaire, mais jamais en pensant que mon adversaire ne se relèverait jamais.»