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Face-à-Face: qui veut devenir le premier ministre du Canada?

Face-à-Face: qui veut devenir le premier ministre du Canada?
Photo AFP

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Le Face-à-Face d'hier était attendu de tous. Il s’agissait du tout premier débat pour les chefs qui, plus que jamais, jouent leur avenir politique durant cette campagne. Hier, ils avaient l’occasion de nous expliquer pourquoi ils méritent notre vote et quelles sont leurs perspectives pour le pays.

Avoir le goût

Le débat d’hier, c’était aussi l’occasion de voir qui a le plus envie de diriger le Canada, en excluant le Bloc, qui n’a pas cette prétention. 

D’un côté, il y avait un Justin Trudeau qui se battait pour sa place, pour ses idées et pour défendre son bilan, et de l’autre côté Jagmeet Singh, le chef néodémocrate, qui brillait par son absence. Honnêtement, on dirait qu’il n’avait pas envie d’être au débat et qu’il n’a pas envie de faire cette campagne. Rien à proposer de nouveau, il se contente de sortir des phrases creuses: «C’est inacceptable, il faut investir, il faut proposer des solutions, il faut taxer les riches...» nous laissant sur notre faim sur tous les sujets. 

O’Toole c. Trudeau

Alors que Justin Trudeau a réussi à mettre en difficulté Erin O’Toole sur la question des garderies et du transfert de 6 milliards de dollars, le chef conservateur a été efficace lorsqu’il a attaqué le premier ministre sur les actions de son gouvernement pour enrayer les agressions sexuelles au sein des Forces armées canadiennes. C’était une bonne attaque, avec le bon ton et les bons mots. 

Mais je m’attendais à ce que M. O’Toole ait plus qu’un lapin dans son chapeau. Qu’il ait plus que les mêmes trois phrases dans ses cartons: «J’ai un plan», «J’ai un contrat», «Je vais respecter les champs de compétence». 

Est-ce que quelqu’un peut dire aux différents chefs conservateurs qu’ils ne sont pas tous obligés d’être beiges, plates et monotones? Que c’est correct d’avoir des émotions, que c’est souhaitable d’avoir de la vigueur et du pep? 

De l’autre côté, on avait Justin Trudeau, probablement propulsé par des caisses de boissons énergisantes. Excité, même un peu trop, il détonnait. Certains n’apprécieront probablement pas ce débordement d’enthousiasme et cette excitation qui ne riment pas toujours avec une stature de premier ministre. 

Exit l’arrogance

La préparation au débat du chef du Bloc québécois a dû être très courte. Ses conseillers se sont probablement contentés de lui dire qu’il fallait qu’il gère le petit côté arrogant et suffisant qui le caractérise depuis le début de sa campagne électorale. Côté contenu, Yves-François Blanchet maîtrise ses dossiers et les explique avec une aisance déconcertante. Il s’est d’ailleurs distingué là-dessus. 

Sa stratégie était simple: la meilleure défense est l’attaque. Plutôt que de devoir expliquer sa position (ou l’absence de celle-ci) sur le troisième lien ou sur la vaccination obligatoire, il a réussi à détourner l’attention en demandant au chef néodémocrate des excuses, au chef conservateur de détailler ses différents (et interminables) plans et au chef libéral de confirmer qu’il financera les contestations judiciaires de la loi sur la laïcité. 

Il s’agit d’une stratégie qui peut s’avérer payante pour M. Blanchet. Il faut dire que, contrairement aux autres chefs, c’est plus que son avenir politique qui est en jeu, c’est celui du Bloc.