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Trudeau a encore le feu sacré

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Le face-à-face d’hier a été très bon. Les derniers sondages ayant rebrassé les cartes, les chefs s’y sont présentés avec un réel sentiment d’urgence. Tout le monde maîtrisait assez le français pour permettre aux auditeurs de se concentrer sur le contenu. Une excellente chose, pas toujours automatique en politique fédérale.

Sans que sa performance soit parfaite, Justin Trudeau a sans aucun doute répondu à ceux qui remettaient en doute sa motivation après deux mandats. Il a livré une performance énergique, quoique parfois criarde. Il a démontré qu’il a encore le feu sacré de se lancer dans un nouveau mandat.

Il fallait s’attendre à cette performance. Même s’il a parfois l’air nonchalant lorsqu’il gouverne, le chef du Parti libéral est à son meilleur pendant les campagnes électorales. Lorsqu’il sent la soupe chaude, il monte encore son jeu d’un cran. Et en débat, il est à son meilleur.

Performance énergique

Je ne dis pas que la performance d’hier va passer à l’histoire. Il vit avec un bilan qui comporte certains écarts entre les promesses et les réalisations. (Il faut dire qu’il promet beaucoup.) Son discours économique est éminemment faible aussi.

Mais il a été intense et combatif, concentré sur la tâche de sortir en rafale tous les messages libéraux sur la pandémie, le bien-être des Canadiens et sa vision d’un bel avenir tout le monde ensemble.  

  • Écoutez La Rencontre Dutrizac-Dumont au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Il a fait le nécessaire pour rallumer la flamme des militants libéraux inquiets et éviter la débandade qui peut survenir dans un parti lorsque les sondages partent dans la mauvaise direction. En a-t-il fait assez pour réussir à renverser la tendance ? Nous le saurons bientôt.

Le problème de Justin Trudeau, c’est que la recette libérale des campagnes de peur a moins de prise sur Erin O’Toole. Avortement, environnement, que ce soit vrai ou non, les libéraux savent utiliser la peur comme une arme électorale redoutable.  

Les positions fermes d’Erin O’Toole, notamment sur l’avortement changent la donne. La poudre à pâte libérale habituelle ne fait plus lever le gâteau. Justin Trudeau ne peut plus se contenter d’être moins pire que le Belzebuth conservateur. Il doit maintenant convaincre qu’il serait un meilleur premier ministre avec de meilleures politiques.

O’toole

Erin O’Toole n’a pas sorti la balle du stade. Devenu meneur, il a sans doute subi plus d’attaques que ce à quoi il s’attendait au départ. Il a dû rassurer. Il a bien vendu son contrat avec les Québécois, moins bien sa politique sur les garderies.

Mais Erin O’Toole a eu l’air d’un potentiel premier ministre, c’était l’un de ses objectifs.

Blanchet

Yves-François Blanchet a des talents de tribun. Il a été efficace. Mais le Bloc n’a pas identifié de gros morceaux pour s’indigner comme après le scandale des commandites. Le chef du Bloc était comme un habile sculpteur dont on reconnaît le talent à ciseler... mais qui travaille avec un petit rondin comme matière première. L’œuvre finale est limitée.  

La table est mise pour une fin de campagne musclée.