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Automne chaud pour les garderies

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc La pénurie de main-d’œuvre généralisée constitue déjà un obstacle, aggravé par les piètres conditions salariales des éducatrices.

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Embourbé dans les récits de parents forcés de rester à la maison, François Legault a promis de créer une place en garderie pour tous ceux qui en ont besoin. Le succès de la négociation avec les éducatrices, qui réclament avec raison un rattrapage salarial, devient donc le point crucial de l’automne du gouvernement.

L’affaire est presque passée sous silence, mais c’est tout un revirement. Lors de la campagne électorale de 2018, la CAQ n’a pris aucun engagement précis de création de places en garderie. François Legault n’en avait que pour les maternelles 4 ans. Mais la pression s’accentue sans cesse. Au point où certains ne se gênent plus pour offrir des pots-de-vin aux garderies pour une précieuse place. Sentant la soupe chaude, le 5 août dernier, le premier ministre caquiste a lancé que « tous les parents qui veulent une place vont avoir une place », grâce à un plan qui sera déposé cet automne par le ministre de la Famille Mathieu Lacombe. Ça fait penser à la publicité électorale du PQ de Pauline Marois de 2008 : « Un enfant, une place » !

Selon une source gouvernementale, pour faire bouger les choses, des bonis pourraient être offerts aux promoteurs s’engageant à créer un nombre élevé de nouvelles places. 

Le gouvernement songe aussi à se donner les moyens de construire lui-même des CPE, dont il pourrait ensuite confier la gestion à des tiers.

Un « livre blanc » sera présenté, le ministre déposera un projet de loi et Québec procédera au « plus gros appel de projets jusqu’ici », dit-on.

Grave manque d’éducatrices

Mais les services de garde n’arrivent plus à embaucher. La pénurie de main-d’œuvre généralisée constitue déjà un obstacle, aggravé par les piètres conditions salariales des éducatrices. 

Legault a beau vouloir créer 37 000 places, sans éducatrices il frappera un mur.

C’est dans cette optique qu’une première offre gouvernementale, somme toute plutôt généreuse, a été présentée en juillet, puis rejetée du revers de la main par les syndicats.

Il est devenu évident pour tout le monde que les travailleuses des CPE et autres services de garde doivent profiter d’un rattrapage salarial.

Le Trésor a donc proposé aux éducatrices qualifiées une hausse qui pourrait atteindre 17 % pour les trois prochaines années d’une convention déjà échue depuis avril 2020. Selon nos infos, cela inclut un boni de 5 % pour celles qui acceptent de travailler 40 heures et plus.

Convaincues qu’elles se retrouvent avec le gros bout du bâton, la CSN et la FIPEQ-CSQ ont tourné les talons, refusé de poursuivre la négo et fixé le rendez-vous à l’automne.

La prochaine rencontre prévue est le 15 septembre, mais des votes de grève sont déjà en cours.

La mission de LeBel

Les éducatrices ont pris des notes. Les enseignants et les préposés aux bénéficiaires sont passés à la caisse. Quand les nouveaux PAB arrivent au bas de l’échelle à 26 $ de l’heure, ça place la barre haut !

Bien d’autres ministres voudraient offrir de meilleurs salaires pour combler leur manque de ressources. Bonnardel rêve à plus d’ingénieurs, Caire à plus d’informaticiens et Carmant à des spécialistes en santé mentale, pour ne nommer que ceux-là.

C’est la présidente du Trésor, Sonia LeBel qui possède la clé.

Elle doit non seulement arracher une entente, mais rendre la profession d’éducatrice plus alléchante, sans complètement vider les coffres.

Sans quoi François Legault et Mathieu Lacombe seront dans le trouble. Et surtout, bien des familles québécoises.  

Les bulletins  

ARIANE MIGNOLET

Quebec
Photo d'archives

Cette rubrique est normalement réservée aux élus, mais nous faisons un accroc pour souligner la droiture et la ténacité de la commissaire à l’éthique. Elle a résisté à la pression et a fait respecter le code à la lettre, forçant le ministre récalcitrant Pierre Fitzgibbon à s’y conformer. Ainsi, les mêmes règles s’appliquent pour tous, sans exception. Bravo ! 


JOËL ARSENEAU, PQ

Quebec
Photo d'archives, Agence QMI

Nous avons souligné durant la dernière session de travaux le ton posé et les propositions constructives du député des Îles-de-la-Madeleine. Le PQ a choisi de lui confier l’important rôle de chef parlementaire, qu’il a mérité, après le désistement de Pascal Bérubé. Il aura le privilège de faire face au premier ministre au Salon bleu. 


DOMINIQUE ANGLADE, PLQ

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Sa lettre plaidant pour le respect des compétences des provinces a été citée par François Legault. Par contre, elle a pressé le gouvernement d’imposer un passeport vaccinal pour se positionner... peut-être un peu vite. Les failles dans la sécurité montrent qu’il faut procéder avec précaution. 


FRANÇOIS LEGAULT, CAQ

Quebec
Photo Stevens LeBlanc

Il a jeté un pavé dans la mare en affirmant la semaine dernière qu’il était « raisonnable » pour des employeurs de congédier des travailleurs refusant de se faire vacciner, et dont la présence physique est requise. Son ministre du Travail, Jean Boulet, l’a ensuite corrigé. Le statut vaccinal ne peut pas « servir de justification pour congédier quelqu’un ».  

En vrac 

Le « bleu » généreux ! 

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Le titulaire de l’Agriculture André Lamontagne veut-il ravir le titre du nationaliste caquiste à Simon Jolin-Barrette ? Il vient d’offrir à chacun de ses collègues du Conseil des ministres une copie du livre Pourquoi la loi 101 est un échec, qu’il a payé de sa poche, et dans lequel il a écrit une note personnalisée. 


Le jeu des comparaisons 

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc

Pierre Fitzgibbon est de retour à l’Économie. Celui qui a pris la relève en son absence, Eric Girard, a fait rire les journalistes mercredi en tentant d’expliquer en quoi son style avait été différent. « Mon approche à moi, c’est toujours la rigueur, la transparence, j’écoute beaucoup »...