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Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus

Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photo Martin Chevalier

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D’ici le grand jour du scrutin, le 20 septembre, Le Journal vous propose, chaque samedi, un bulletin dans lequel trois experts évaluent la performance des chefs de partis fédéraux qui font campagne pour gagner la confiance des électeurs. Lequel mérite la meilleure note ? Qui s’est démarqué ? Voici un aperçu de leurs meilleurs et de leurs moins bons coups de la semaine. 

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Nos experts 

Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photos courtoisie

 

Mireille Lalancette

Professeure titulaire en communication politique à l’Université du Québec à Trois-Rivières, elle s’intéresse, notamment, à l’image des politiciens, à leur utilisation des réseaux sociaux et au traitement médiatique des candidats masculins et féminins. Ses écrits sont publiés dans plusieurs publications scientifiques à travers le monde. Elle fait aussi partie du groupe de recherche en communication politique.

Bernard Motulsky

Professeur au département de communication publique et sociale de l’Université du Québec à Montréal, il est aussi auteur et conférencier, en plus d’être titulaire de la Chaire de relations publiques et communication marketing de l’Université du Québec à Montréal.

Eric Montigny

Directeur des programmes de 2e et 3e cycles en science politique et professeur agrégé au département de science politique à l’Université Laval, il est aussi directeur scientifique de la Chaire de recherche sur la démocratie et les institutions parlementaires et chercheur associé au Groupe de recherche en communication politique. 

Justin Trudeau  

  • ML : 4/5  
  • BM : 4/5  
  • EM : 3,5/5  
Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photo d'archives, Agence QMI

 

Après un début de campagne plus ardu, nos experts s’entendent pour dire que le premier ministre sortant se fait maintenant plus combatif.

« Il s’est bien démarqué pendant le débat, malgré les attaques qui venaient de toutes parts, observe Mireille Lalancette. Il a su bien expliquer ses positions par rapport aux enjeux clés. C’est une belle amélioration. Il a réussi à reprendre le dessus. C’est comme s’il reprenait vie. »

« Il a été très énergique. On a retrouvé un Trudeau qui se bagarre, note aussi Bernard Motulsky. Il a réussi à passer son message. »

Mais ce sera peut-être insuffisant pour changer la tendance, selon Eric Montigny. « Il devait vraiment gagner le débat pour reprendre le momentum et ce n’est pas arrivé. » 

Erin O’Toole  

  • ML : 3/5  
  • BM : 3,5/5  
  • EM : 4/5   
Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photo d'archives, Agence QMI

 

Erin O’Toole a eu droit à plusieurs sondages encourageants. « Il est parvenu à imposer une lutte à trois au Québec, ce qui apparaissait inatteignable en début de campagne », souligne M. Montigny. M. O’Toole demeure sur ses messages clés. « Les gens commencent à se faire à l’idée qu’il peut devenir premier ministre », croit le professeur.

Son collègue de l’UQAM considère que M. O’Toole aurait pu être plus efficace lors du débat. « Je l’ai trouvé un peu éteint. Il était souriant, il était calme, mais est-ce que c’est assez ? » se questionne M. Motulsky.

Sur des questions comme le maintien de l’entente de 6 milliards $ pour les garderies avec le Québec, « on n’a pas eu de réponse claire », note Mme Lalancette. « Il a répété beaucoup de phrases creuses », déplore-t-elle. 

Jagmeet Singh  

  • ML : 4/5  
  • BM : 3/5  
  • EM : 3/5  
Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photo courtoisie

 

Sur le plan stratégique, Eric Montigny s’explique mal pourquoi le chef néo-démocrate a attendu au lendemain du premier débat en français pour dévoiler sa plateforme pour le Québec. « Pourquoi ne pas l’avoir fait plus tôt cette semaine ? Il s’est privé de munitions. »

Mireille Lalancette juge « adéquate » la performance livrée par M. Singh lors du Face-à-Face. « Il est toujours bon dans les débats. Il est calme, honnête. On sent le spécialiste des arts martiaux en lui. »

M. Motulsky trouve au contraire qu’il était « plus hésitant, moins affirmatif » que par le passé. « On n’a pas vu le Jagmeet Singh qu’on attendait. » Avec seulement 13 % des intentions de vote au Québec, il aurait pu faire preuve de moins de retenue, selon l’expert de l’UQAM. 

Yves-François Blanchet  

  • ML : 3,5/5  
  • BM : 3,5/5  
  • EM : 3,5/5  
Après un début de campagne difficile, Justin Trudeau reprend le dessus
Photo d'archives, Agence QMI

 

Yves-François Blanchet a perdu des points en refusant que sa candidate Ensaf Haidar s’amène au lutrin lors d’un point de presse à Sherbrooke, croit Mme Lalancette.

« L’arrogance, ça ne l’a pas beaucoup servi », note aussi M. Motulsky.

Sans surprise, il a bien fait au débat. Mais « il était encore très agressif, il pointait beaucoup du doigt », souligne Mme Lalancette. « Il est toujours en mode critique », observe également M. Motulsky.

« C’est bien d’être un bon débatteur, mais il n’est plus au Club des Ex », rappelle Mireille Lalancette.

M. Montigny estime que le chef bloquiste a réussi malgré tout à « recadrer sa campagne, à retrouver un équilibre dans le ton » grâce au Face-à-Face

Annamie Paul, surréaliste  

La nouvelle cheffe du Parti vert, qui semble seulement chercher à gagner son siège dans Toronto-Centre, a réussi l’exploit de faire dérailler une campagne nationale qu’elle ne mène même pas.

Sa semaine a été « marquée par les impairs, c’est surréaliste », observe M. Montigny. Ses faux pas font davantage parler que ses préoccupations pour l’environnement.

Mme Paul a été incapable de nommer un seul candidat au Québec, puis dans un soi-disant lapsus, elle a déclaré que le meilleur plan se trouvait chez... les libéraux. « Ça ne va pas bien », résume M. Motulsky. Elle participera, mercredi, au deuxième débat en français.

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