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Un roman politique passionnant

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Les romans politiques sont rares, au Québec.

Notre littérature explore davantage l’intimité tourmentée d’êtres brisés que les grandes questions collectives.

C’est pourtant le pari du roman politique qu’a tenté Mathieu Thomas, dans Ceux dont on ne redoute rien, son premier roman paru il y a quelques jours chez Québec-Amérique.

Tocqueville

Qui sont ces gens dont on ne redoute rien ? Ce sont les Québécois, vaincus en 1760, et que leurs maîtres anglais croyaient à jamais domestiqués. Mais la tentation de la révolte les habite, et c’est en se plongeant dans deux époques où elle se manifeste que Mathieu Thomas construit son ouvrage.

Ces deux époques se chevauchent et se répondent. Il s’agit du début des années 1830 et du printemps érable de 2012.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

À travers cela, Mathieu Thomas en profite pour revisiter le voyage d’Alexis de Tocqueville au Bas-Canada, en 1831.

Tocqueville, on le sait, est un des grands philosophes politiques de la modernité. Il nous découvre lors de son fameux voyage en Amérique qui lui inspirera un chef-d’œuvre sur la démocratie.

Il nous croyait engloutis dans l’Empire britannique depuis le traité de Paris, mais constate que nous sommes bien vivants.

Tocqueville prendra fait et cause pour les Bas-Canadiens et méditera sur le drame que représente pour un peuple le fait d’être conquis.

Mathieu Thomas nous permet ainsi de redécouvrir une page méconnue de notre histoire.

À travers cela, c’est un portrait de notre peuple que propose Mathieu Thomas, de sa psychologie, de ses désirs refoulés, de ses rêves enfouis, du prix de ses échecs accumulés. De la possibilité de sa pleine liberté, aussi.

Passionnant

Autrement dit, ce roman politico-historique passionnant porte aussi une méditation sur ce que veut dire être Québécois.

Comment ne pas pousser tous ceux qui aiment la lecture, l’histoire et le Québec à courir à la librairie pour l’acheter et le dévorer ?