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Les professions du bonheur: privilégiée d’aider à la quête d’un rêve

Les courtières et courtiers immobiliers se classent deuxièmes sur l’indice de bonheur Léger au travail

Marie-France Caouette
Photo Pierre-Paul Poulin Marie-France Caouette est courtière immobilière. Elle travaille sept jours sur sept et elle peine à prendre des vacances.

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Faire une différence dans la vie des gens. Participer à leur quête d’un chez-soi de rêve. Les épauler dans un divorce, une naissance ou un décès. Voilà ce qui rend la vie heureuse, selon une courtière immobilière qui pratique le métier depuis sept ans et demi.

Vous avez bien lu « vie » et non « métier » de courtière. 

« C’est du 7 jours sur 7. Je suis workaholic, donc ça me plaît. Mais il faut aimer travailler », déclare Marie-France Caouette, 42 ans. 

Oui, les travailleurs autonomes que sont les courtiers peuvent gérer leur horaire et leur vie comme bon leur semble. « Mais c’est dur de prendre des vacances », poursuit celle qui fait de 65 à 100 transactions par année. 

S’il est difficile d’arrêter deux semaines pour relaxer, on peut toutefois faire beaucoup d’argent. 

« Sky’s the limit. Plus tu travailles, mieux tu gagnes ta vie », reconnaît Mme Caouette.

Dans une autre vie, elle était gestionnaire en entreprise.

Ex-cadre dans le jeu vidéo, elle voyageait partout sur la planète pour le boulot.

« J’avais fait le tour. Puis j’ai vécu une mauvaise expérience avec une courtière. Je me suis dit que je pourrais faire beaucoup mieux », se souvient-elle. 

Aider à trouver un milieu de vie

Elle est chez Remax Action depuis, toujours avec la même directrice qu’elle adore. 

Ce qu’elle aime par-dessus tout, toutefois, c’est aider les gens à trouver « leur base », leur milieu de vie. 

« La pandémie nous a bien montré combien c’est important de se sentir bien chez soi », illustre la professionnelle. 

Quand un client lui confie la mission de trouver sa prochaine « base », elle se sent privilégiée. 

« On rentre dans la vie du monde. C’est un grand moment pour eux. Ça a un impact direct sur leur vie », relate-t-elle.

Elle peut entrer dans leur vie à la suite d’un divorce, d’un mariage, d’une naissance, d’un décès ou simplement d’une décision.

Reste que les gens sont souvent, voire toujours émotifs quand vient le temps d’acheter ou de vendre leur maison.

« Ils font 4-5 offres, sont refusés, et c’est dur, car ils se sont investis émotionnellement dans l’opération », explique-t-elle.  

Découvertes

Son boulot lui permet aussi de connaître Montréal et ses environs comme le fond de sa poche. 

Elle ne connaissait pas du tout Vaudreuil avant d’y mener un projet, par exemple. Là-bas, elle a participé de A à Z à la métamorphose d’un champ en quartier résidentiel, « du design au choix des matériaux ». 

Elle s’est occupée de la vente de 125 maisons dans ce nouveau secteur. 

« Quand j’y retourne, c’est mon village, tout le monde me connaît, ça me rend super fière », dit-elle avec humilité. 

Le projet de Vaudreuil a été « un beau cadeau » dans sa carrière. 

Mais elle donne beaucoup, elle aussi, et c’est d’ailleurs la clé de son bonheur professionnel.

Vendeurs de maisons « équipés » pour être heureux  

Avoir la confiance de l’entrepreneur. Faire un travail gratifiant. Obtenir la reconnaissance de ses clients. C’est la recette du bonheur du courtier immobilier, selon l’association qui les représente. 

Le Québec compte 14 000 courtiers, selon l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), dont 13 300 sont membres l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ). 

Ils sont deuxièmes sur l’indice du bonheur Léger au travail, une hausse de deux rangs par rapport à 2019. On aurait pu croire qu’avec la pandémie, leur bonheur allait diminuer, comme celui des médecins (de 2e à 20e). Or, il n’en est rien. 

Après tout, ils travaillent maintenant deux, voire trois ou quatre fois plus fort pour le même résultat, notamment en matière de gestion des visites et d’offres sur le marché. 

Mais ils sont toujours optimistes, ce qui ne surprend pas le directeur des communications et du marketing de l’APCIQ, Patrice St-Amour. 

« Le courtier est un entrepreneur avant tout, c’est sa plus grande force », croit-il.

De l’émotion et de la liberté

« Ceux qui pratiquent le métier doivent [avoir confiance] en eux. Avec cette qualité, il est facile de devenir heureux, car la profession est gratifiante et permet d’obtenir beaucoup de reconnaissance des clients », détaille M. St-Amour. 

Deux autres facteurs sont importants, selon lui. D’abord la liberté du travailleur autonome/entrepreneur, qui contribue au bonheur du courtier. 

« Tu es leader de ton temps, tu n’as pas de boss en haut de toi », illustre-t-il. 

Ensuite l’émotion que vit le courtier avec son client. 

« Ils partagent des moments heureux, des moments tristes, des sourires, des larmes », poursuit Patrice St-Amour.  

Avec l’association, les courtiers ont aussi accès à un éventail de 130 forma-tions par année et sont encadrés par un code de déontologie.

Leur bannière leur donne des directives, « mais en tant qu’individu, tu es autonome, tu t’autogères afin de maximiser la visibilité et l’achalandage de ton client ».

Centris, explique Patrice St-Amour, est aussi un outil formidable pour ce faire. « On est bien équipés pour être heureux », concède-t-il. 

Notre dossier complet sur les professions du bonheur :