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Entre projections et réalité...

SÉRIES : Jets vs Canadiens
Photo d’archives, Martin Chevalier Avec Jesperi Kotkaniemi, le Canadien a fait un pari et l’a perdu, comme ça se produit trop souvent avec les premiers choix du Tricolore.

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Du point de vue affaires, Marc Bergevin a pris la bonne décision dans le dossier Kotkaniemi. Le jeune homme ne vaut pas l’offre démesurée que lui ont soumise les Hurricanes de la Caroline, pour reprendre le qualificatif utilisé par le directeur général du Canadien.

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Sur le plan hockey, c’est un autre premier choix qui quitte Montréal sans avoir démontré de façon nette qu’il possédait les atouts pour devenir un joueur établi dans la Ligue nationale.

Car c’est bien ce que l’organisation montréalaise projetait quand elle a sélectionné Jesperi Kotkaniemi au troisième rang du repêchage, il y a trois ans. Elle était à nouveau à la recherche du gros joueur de centre de premier trio qu’elle recherche depuis si longtemps.

Alex Galchenyuk, que les hommes de hockey du Canadien avaient identifié comme ce candidat six ans plus tôt, venait d’être échangé aux Coyotes de l’Arizona en retour de Max Domi.

Choix audacieux

Choisir Kotkaniemi au troisième échelon était tout de même audacieux. Une bonne seconde moitié de saison en première division finlandaise lui avait permis de gagner des places dans les évaluations des recruteurs.

Mais de là à ce qu’il soit réclamé aussi haut, il y avait une part de risque. Un danger que le Canadien était prêt à assumer parce que KK était grand et talentueux et qu’il misait sur lui pour combler un besoin criant.

À sa première rencontre médiatique avec les journalistes de la Caroline, Kotkaniemi a reproché au Canadien de ne pas avoir contribué suffisamment à son développement.

C’est un blâme qui colle à la peau de l’organisation depuis longtemps. Mais, comme le dit Bergevin, les joueurs ont aussi leur part de responsabilité dans leur épanouissement.

Koivu avait raison

Avec le recul, Bergevin reconnaît qu’il aurait peut-être dû retourner Kotkaniemi en Finlande après son premier camp d’entraînement. Après une première moitié de saison prometteuse, Kotkaniemi a piqué du nez pendant la deuxième portion. Il se cherche depuis ce temps.

C’est vrai qu’il est plus facile de dire les vraies choses après les faits. Or, dans les jours précédant le premier camp de KK avec le Canadien, j’avais appelé son éminent compatriote finlandais Saku Koivu pour lui demander ses impressions sur le jeune homme et s’il lui avait livré un message particulier.

Tout en prenant soin de dire que chaque cas est différent, l’ancien capitaine du Canadien avait dit à Kotkaniemi de ne pas s’en faire s’il ne méritait pas un poste à Montréal à sa première année, ni même à sa deuxième.

En parlant de lui-même, Koivu avait dit qu’il ne se sentait pas prêt pour tenter sa chance au camp du Canadien à 18 ans. Il s’était finalement donné deux ans pour débarquer à Montréal.

À sa deuxième saison avec le Canadien, il livrait bataille à Peter Forsberg pour le premier rang des marqueurs, lorsque le premier épisode d’une série de malencontreuses blessures, auxquelles il faut ajouter un terrible combat contre le cancer, est venu ruiner ses efforts.

Développement en cause

Le Canadien a fait un pari avec Kotkaniemi et l’a perdu. Mais disons-nous bien que d’autres équipes vivent la même chose. Sauf que ça se produit trop souvent avec les premiers choix du Tricolore.

C’est une preuve qu’il existe un problème sur le plan de l’évaluation et du développement.

À la défense du Canadien et des 31 autres équipes de la LNH, seuls les exceptionnels sont assurés de jouer dans le circuit à 18 ans et de connaître du succès sur-le-champ.

Le hockey est le seul sport nord-américain qui repêche ses futurs joueurs quand ils atteignent l’âge de la maturité.

Comment les recruteurs peuvent-ils prédire ce qu’un jeune adulte de 18 ans sera en mesure d’accomplir deux, trois, quatre ou cinq ans plus tard ?

Qu’à cela ne tienne, les amateurs qui ne pardonnent pas au Canadien d’avoir préféré Kotkaniemi à Brady Tkachuk vont continuer longtemps à pleurer dans leur bière.

Quant à Kotkaniemi, il se retrouvera dans un environnement où il pourrait sortir de sa coquille. Ses nouveaux coéquipiers Sebastian Aho et Teuvo Teravainen seront là pour l’épauler.

De plus, l’entraîneur Rod Brind’Amour, qui a connu une longue et fructueuse carrière en tant que joueur dans la LNH, est reconnu pour être apprécié de ses joueurs.

Produira-t-il à la hauteur de son salaire de six millions $ ?

Sans doute que non, mais s’il débloque, Bergevin et ses lieutenants vont en entendre parler.

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