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New York, c’est Leylah : la Québécoise poursuit son incroyable parcours

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L’incroyable parcours de Leylah Fernandez aux Internationaux des États-Unis s’est poursuivi mardi. À 19 ans et un jour, malgré son 73e rang mondial, voici la Québécoise dans le carré d’as d’un tournoi du Grand Chelem pour la première fois de sa carrière. 

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Après la Japonaise Naomi Osaka, troisième favorite, et l’Allemande Angelique Kerber, 16e, la Lavalloise a ajouté la cinquième tête de série, l’Ukrainienne Elina Svitolina, à son impressionnant tableau de chasse.

Il y a eu de tout dans ce match de quart de finale fort relevé mardi : du jeu offensif, de longs échanges, huit bris de service, des remontées de part et d’autre. 

Mais au terme de 2 h 24 min de jeu, c’est Fernandez qui a triomphé, 6-3, 3-6 et 7-6 (5).

« Je n’ai aucune idée de ce que je ressens en ce moment ! a lancé la candide Fernandez après le match. Pendant toute la rencontre, j’étais si nerveuse. Je tentais seulement de mettre en pratique ce que mon entraîneur m’a dit. »

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Son entraîneur, c’est son père, Jorge, qui est demeuré en Floride, mais à qui Leylah parle plusieurs fois par jour. 

AFP

Émue, Fernandez a révélé au public les conseils que lui a prodigués son coach avant la rencontre.

« Il m’a dit d’avoir du fun, de me battre sur chaque balle. Il m’a dit de me battre pour que ce match ne soit pas mon dernier du tournoi. Pour réaliser mon rêve. »

C’est exactement ce que sa petite fille a fait mardi. Elle a soulevé la foule avec ses 42 frappes gagnantes, levant les bras au ciel chaque fois qu’elle laissait aller ses coups. 

Photo AFP

Quand la balle de Svitolina a flotté derrière la ligne de fond sur point de match, Fernandez s’est agenouillée au sol et a porté ses mains à son visage.

Pour cacher toute l’émotion qui l’habitait. Pour célébrer sa victoire et pour recevoir la clameur du public new-yorkais.   

  • Écoutez la chronique de Jean-François Baril sur QUB radio:   

« Merci à vous »

Car depuis le début de la quinzaine, au fil de ses étonnantes performances sur les plus grands courts au monde, ces spectateurs survoltés portent la petite conquérante d’à peine 5 pi 6 po. 

« Merci à vous, la foule, la foule de New York, a souri la Québécoise. Vous n’avez jamais cessé de m’encourager et grâce à vous, j’ai pu passer au travers. »

Leylah Fernandez a ressenti tout l’amour de ses proches présents dans les gradins, mais aussi des New-Yorkais qui l’ont adoptée.
AFP
Leylah Fernandez a ressenti tout l’amour de ses proches présents dans les gradins, mais aussi des New-Yorkais qui l’ont adoptée.

Leylah Fernandez est la plus jeune joueuse à atteindre le carré d’as à Flushing Meadows depuis une certaine Maria
Sharapova, en 2005. 

Elle deviendra aussi demain la seconde Québécoise à disputer une demi-finale dans un tournoi majeur après Eugenie Bouchard, à Melbourne, Paris et Wimblondon, en 2014.

Fernandez suit également les traces de sa compatriote Bianca Andreescu, battue tôt mardi par la Grecque Maria Sakkari, qui s’était rendue en demi-finale à New York il y a deux ans. En demi-finale... puis jusqu’au titre.

Mais la jeune étoile aura fort à faire pour imiter Andreescu. Car une autre favorite se dressera sur sa route demain : la Bélarussienne Aryna Sabalenka, deuxième tête de série du tournoi, qui a défait mardi la Tchèque Barbora Krejcikova (8e), 6-1 et 6-4.

AFP

« Je ne veux pas penser à ça tout de suite, a reconnu Fernandez, avant même de connaître l’identité de sa prochaine rivale. Je veux seulement profiter de ma soirée, de ma victoire. Je vais laisser toute la planification de la stratégie à mon père. » 

Remontée après remontée

Après avoir perdu la première manche contre Osaka et Kerber, Fernandez a cette fois imposé son meilleur tennis d’entrée de jeu. La gauchère a brisé à 3-2 et n’a plus regardé derrière elle.

Mais le chiffre « 5 » n’est pas accolé au nom de Svitolina par hasard. Combative, l’Ukrainienne de 27 ans a vite pris les devants 5-1 dans le deuxième set. Fernandez a certes tenté une remontée, réussissant à se rapprocher à 5-3, mais le mal était fait.

N’empêche que cette bonne fin de deuxième manche a semblé revigorer la jeune joueuse. Elle a signé le premier bris du set ultime et pris les devants 5-2. 

Était-ce le manque d’expérience ? Toujours est-il que Leylah a raté sa partie au service alors que le match était à sa portée. Elle a laissé Svitolina revenir à 5-5. Puis à 6-6.

Un peu de chance

Mais les dieux du tennis semblaient être du côté de Fernandez. Après avoir bousillé une autre avance, cette fois alors qu’elle menait 4-1 au bris d’égalité, la Québécoise a réussi un coup gagnant le long de la ligne, qui a légèrement touché le haut du filet pour battre la nouvelle épouse de Gaël Monfils. 

Sur le point suivant, Svitolina a échappé un revers qui a abouti quelques pieds derrière la ligne de fond. Un revers raté qui faisait jeu, set et match, Fernandez. 

AFP

Pour une place en demi-finale, à 19 ans et un jour.