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Meurtre de sa mère: le cas du jeune autiste jugé trop lourd par l’Institut Philippe-Pinel

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Le jeune autiste reconnu coupable du meurtre de sa mère en février 2019 à Limoilou est un cas si lourd que l’Institut national de psychiatrie légale Philippe-Pinel a demandé à ce qu’il soit détenu à l’Établissement de détention de Québec jusqu’à ce que la juge décide de son sort.

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C’est ce qu’il a été possible d’apprendre, mardi, au premier jour des observations sur la peine dans le dossier de Jérémy (prénom fictif), reconnu coupable devant la Chambre de la jeunesse de meurtre au 2e degré.  

Questionné par le poursuivant, Me Hugo Breton, le pédopsychiatre qui a suivi Jérémy tout au long de son passage en institution, depuis son arrestation, a dressé un portrait sombre du jeune homme, allant même jusqu’à parler de «pulsion sadique».  

Sadisme

«De façon générale, les manifestations empathiques sont diminuées chez les gens qui présentent un trouble de l’autisme. Mais, chez Jérémy, ça va au-delà du manque d’empathie. Il y a, chez lui, une espèce de froideur...», a témoigné le Dr Olivier Lafrance McGuire, qui exerce maintenant à l’Hôpital Rivière-des-Prairies.  

Selon ce que l’expert a observé, Jérémy semble ressentir une forme de «jouissance» devant la souffrance des autres.  

«Il sait quand il fait le mal... Parfois, j’avais l’impression qu’il était attiré vers la violence. Si quelqu’un se faisait blesser ou s’il lisait un article de journal où on apprenait que quelqu’un s’était fait tuer, ça l’excitait», a-t-il ajouté.  

Le pédopsychiatre a également expliqué à la juge Fannie Côtes que lors de son passage à Pinel, Jérémy a commis plusieurs gestes de violence.  

Parfois, les gestes étaient réactifs, mais par instants, ils étaient proactifs. Par exemple, il a expliqué que si le jeune homme estimait qu’on lui avait commis «un tort», il était capable de «planifier pour se venger».  

Risque élevé

«Jérémy a une déficience intellectuelle légère... mais, il est assez intelligent pour planifier une action et savoir que c’est mal. Pour moi, ça démontre un niveau de risque élevé», a-t-il ajouté.  

L’expert estime donc que le pronostic est plutôt sombre pour le jeune homme qui démontre peu de «capacité de réadaptation».   

Rappelons que le jour du drame, la mère de famille était allée chercher son fils, qui habitait dans une résidence à assistance continue.  

Au cours de la soirée, à la suite d’une discorde, la mère de l’adolescent lui a pris son iPod.  

Fâché, le jeune autiste de 17 ans a alors frappé sa mère «jusqu’à ce qu’il n’ait plus d’énergie» et ensuite il est allé chercher «un gros couteau à steak» pour la poignarder.

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