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Une semaine apocalyptique

attentats du 11 septembre 2001
Photo AFP L’enfer et le ciel coexistent.

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Commençons par une nouvelle locale qui nous a tous soulagés. Jake Côté, le bambin kidnappé par son père, a été libéré sain et sauf, selon la formule consacrée. Son père, David Côté, est un complotiste actif sur les réseaux sociaux. Selon la police, l’homme illuminé attendait la fin du monde. 

Il y aura vingt ans, le 11 septembre, que des milliers de personnes ont cru à la fin du monde lorsque deux avions de ligne se sont encastrés dans les deux tours du World Trade Center à New York et un autre sur le Pentagone. Pour Oussama Ben Laden, le responsable de cet attentat aux ramifications multiples, cela avait été l’orgasme absolu. Pour les djihadistes qui rêvaient de ce geste destructeur contre l’Amérique « maléfique », le 11 septembre s’inscrivait dans le début de la fin de l’empire américain. 

Les Américains ne s’en sont jamais remis. Les plus lucides d’entre eux, et les plus démocrates au sens philosophique du terme, avaient compris ensuite que non seulement la terre new-yorkaise avait tremblé, mais que l’effondrement des tours recouvrant les corps de ceux qui avaient osé sauter dans le vide et de tous ces milliers de prisonniers à l’intérieur de ces gratte-ciel orgueilleux marquait aussi la fin des États-Unis tels qu’ils les avaient connus jusqu’alors.

Le 11 septembre 2001, Donald Trump, un Américain sans foi ni loi, est né politiquement. Ce fils d’un milliardaire spécialisé dans l’immobilier, qui a acheté ses diplômes universitaires, allait surfer plus tard sur le cataclysme. Or c’était l’arrivée de Barack Obama, le premier Noir élu président, qui a le plus facilité la montée vertigineuse de Donald Trump.

Illusion

Peu d’observateurs ont compris à l’époque que l’élection d’Obama, surtout pour ceux qui y voyaient une avancée concrète contre la discrimination systémique des Noirs, ne serait qu’une victoire illusoire. 

Tous les racistes, tous les antidémocrates, tous les fondamentalistes religieux, tous les perdants dans cette puissance mondiale ont émergé et ont squatté certains médias et les réseaux sociaux. Trump, l’incarnation jusqu’à l’obscénité de la fourberie politique, des mensonges, de l’opacité des idées, du mépris des institutions de son pays et de la fonction présidentielle, Trump dans les fins fonds des États qui lui sont aveuglément fidèles, prépare encore son retour à la Maison-Blanche. 

Ajoutons à cela la pandémie qui sévit chez nos voisins du sud. Observons les mouvements antivax et antimasques, encouragés par exemple en Floride par son gouverneur DeSantis, le sous-produit de Trump, comme on le désigne. 

Mauvais souvenirs

En ces temps imprévisibles, dévastateurs pour les gens fragiles, pour les enfants, cette semaine où les images d’il y a vingt ans nous seront présentées ad nauseam sur tous les écrans sera redoutable pour notre propre santé mentale collective. 

Nos voisins américains ne vivent plus dans un pays à faire rêver. Les États sont désormais « désunis » et nous en subissons le choc, comme l’Europe occidentale et tous les pays démocratiques.

Cette semaine, les talibans, maîtres de l’Afghanistan, se réjouiront en regardant les images de leurs frères dans l’Islam qui sévissent à travers la planète. Qui patientent et se terrent aussi dans nos contrées affaiblies où nous avons cru aux valeurs universelles aujourd’hui déchiquetées.