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2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
Photo AFP

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1re position: Justin Trudeau

Le chef du Parti libéral du Canada était visiblement très en forme lors de ce deuxième débat, encore plus que lors du premier sur les ondes de TVA.   

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
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Il était dynamique, allumé, passionné, il maîtrisait bien ses dossiers et assumait ses positions, notamment sur la vaccination obligatoire et les transferts en santé avec conditions. 

Justin Trudeau a été particulièrement enflammé et «émotif» lorsque le chef du Bloc a laissé entendre qu’il n’était pas un vrai Québécois.   

Sa plus grande faiblesse demeure d’avoir déclenché des élections en pleine quatrième vague.   

Aussi, personnellement, ça me dérange lorsqu’il nomme les journalistes par leur prénom, alors que ceux-ci l’interpellent par son nom de famille. 

2e position: Yves-François Blanchet

Communicateur habile maîtrisant parfaitement la langue française, il faut le lui donner, le chef du Bloc québécois est un bon débatteur.   

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
Photo AFP

Cependant, son ton était beaucoup plus cassant qu’au débat à TVA. Il avait l’air fâché et le ton était condescendant.   

Yves-François Blanchet aime bien faire la morale aux autres, mais, lorsqu’il se fait rappeler ses déclarations pas très vertes du temps où il était ministre de l’Environnement, il devient presque agressif envers l’animateur.   

Par ailleurs, sa façon de juger qui mérite le titre de Québécois était déplacée et méprisante.   

Pour le reste, comme il n’a aucune chance de gouverner, il a beaucoup moins de pression que Justin Trudeau et Erin O’Toole.   

3e position: Erin O’Toole

Le chef du Parti conservateur n’est pas le plus dynamique, mais il est souriant, il sait garder son calme et ne coupe pas la parole aux autres.   

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
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Même s’il s’exprime bien en français pour une deuxième langue, le chef du Parti conservateur n’est pas très convaincant sur les dossiers de la vaccination, des armes à feu, du changement climatique et des garderies.   

Il répète trop souvent qu’il a un plan, qu’il va coordonner avec M. Legault, ça sonne comme une cassette, un message appris par cœur.   

Par ailleurs, même si Erin O’Toole a chiffré sa plateforme quelques heures avant le débat, il n’a pas réussi à nous expliquer clairement comment il réussirait à rétablir les finances publiques d’ici 10 ans alors qu’il entend dépenser autant que Justin Trudeau.   

Son argument suivant lequel c’est en créant des emplois qu’il relancera l’économie, alors qu’il y a une sévère pénurie de travailleurs au Québec, n’est pas très convaincant. 

4e position: Jagmeet Singh

Le chef du NPD était un peu plus combatif que lors du premier débat. Sa cible était claire, il voulait s’en prendre à Justin Trudeau.   

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
Photo AFP

À plusieurs reprises, il a attaqué le premier ministre sortant sur le déclenchement non motivé des élections en pleine pandémie. 

En environnement, Jagmeet Singh ne s’est pas gêné pour traiter Justin Trudeau de «grand parleur, petit faiseur» en disant qu’il avait le pire bilan du G7.   

L’empathie est une des plus grandes forces de M. Singh, mais sa plus grande faiblesse demeure la crédibilité de sa plateforme, qui est un peu trop idéaliste. 

Par ailleurs, il était parfois hors sujet, comme lorsqu’il a bifurqué sur l’augmentation du coût de la vie alors qu’il était question du manque de main-d’œuvre. 

5e position: Annamie Paul

Pour une première participation à un débat télévisé en français dans le cadre d’une campagne électorale, la cheffe du Parti vert peut être fière de sa performance.  

2e débat en français: Trudeau l’emporte haut la main
PHOTO ADRIAN WYLD, La Presse canadienne

Elle ne fera pas de gains au Québec, ce qui peut remettre en question sa pertinence à ce débat, mais elle gagne quand même à être connue. Elle semblait sincère dans ses propos. 

Ce deuxième débat en français influencera-t-il l’aiguille des sondages pour les 11 prochains jours de campagne? Ce sera à surveiller, puisqu’un Québécois sur trois n’a pas encore fait son choix.