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Tennis: silence, on joue!

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Jamais à la télévision québécoise le tennis n’a eu pareille popularité. Et pour cause.

Deux Québécois, Leylah Fernandez et Félix Auger-Aliassime, se retrouvent en demi-finale d’un tournoi de grand chelem. Aucun d’entre nous n’avait imaginé pareil exploit. Jusqu’à maintenant, Eugenie Bouchard demeurait notre joueuse la plus célèbre, ayant atteint la demi-finale de l’Open d’Australie et la finale de Wimbledon. Mais son étoile n’a cessé de pâlir.

En sera-t-il de même pour Fernandez et Aliassime ? On peut en douter. Malgré le sourire irrésistible et l’allure si attachante de Leylah, malgré la prestance imposante de Félix et son empathie, ni l’une ni l’autre ne semblent destinés à faire les pages centrales de Vogue ou de Harper’s Bazaar. Tant mieux.

Mais pourquoi ne pas demander à Hélène Pelletier quel sera l’avenir de nos deux champions ? Elle doit bien le savoir, puisqu’elle semble tout connaître du tennis. Après une carrière assez modeste – un seul titre WTA en double à Rio de Janeiro en l984 –, la « gloire » de Charlesbourg a entrepris une carrière de commentatrice sportive. D’abord à CKAC, puis dès le début de RDS où elle animait Sports 30.

LE TENNIS EST UN SPORT SPÉCIAL

Il y a maintenant à peu près 25 ans, Hélène Pelletier est devenue « la voix » du tennis à cette chaîne de sports et, à l’occasion, à Radio-Canada. Faisant équipe avec Yvan Ponton, elle a « monté en puissance », comme on dit en jargon sportif. Le duo a remporté quelques trophées et honneurs, bien mérités d’ailleurs. Je me souviens d’avoir déjà écrit une chronique vantant leurs qualités de commentateurs.

Au cours des années, d’économe de mots qu’elle était, Hélène Pelletier est devenue si bavarde qu’elle en est insupportable. D’autant plus qu’elle a entraîné Yvan Ponton dans son incessant bavardage. Contrairement à d’autres sports, le tennis ne demande surtout pas de description geste par geste. Le jeu est si simple qu’on peut très vite en apprendre les règles et suivre facilement le mouvement des joueurs. Dans tous les stades du monde, l’arbitre réclame le silence de la foule dès que le serveur s’apprête à servir. Même des spectateurs aussi indisciplinés que ceux de New York se taisent alors comme par magie.

J’AI TROUVÉ UNE ALTERNATIVE

C’est à peine si Hélène Pelletier respecte ce silence imposé. Les joueurs ont à peine terminé leur séquence de jeu qu’elle explique « que le perdant n’a pas assez appuyé sur sa jambe droite, qu’elle-même aurait choisi de frapper un amorti, un coup droit ou un revers, qu’elle aurait lancé sa balle de service moins haut, qu’elle aurait laissé tomber la balle plutôt que frapper une volée, que le jeu de jambes du joueur n’a pas été adéquat, qu’il a mal incliné sa raquette, qu’il ne fait pas travailler suffisamment son adversaire », et quoi encore. 

Plutôt que quelques commentaires utiles, Hélène Pelletier décrit comment elle aurait joué elle-même si elle avait été à la place de Leylah, de Félix ou des autres vedettes du moment. Les quelques fois où j’ai écrit que le duo Pelletier-Ponton parlait beaucoup trop, j’ai reçu une avalanche de courriels allant tous dans le même sens que moi.

Qu’attend donc la direction de RDS pour imposer au duo Pelletier-Ponton une description des matchs de tennis moins verbeuse ? En attendant, j’ai trouvé une excellente alternative : regarder le tennis à une chaîne anglophone !