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Débat des chefs fédéraux en anglais: la nation québécoise «attaquée»

François Legault réclame, notamment, des excuses de la modératrice du débat des chefs en anglais

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La nation québécoise est attaquée de toutes parts, à la fois dans ses valeurs et son identité, et par la poussée centralisatrice de certains partis fédéraux qui menacent son autonomie, clame François Legault.

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« La nation québécoise est attaquée dans ses compétences, dans ce qu’il y a de plus important, la langue française, dans ses valeurs [...], c’est inacceptable ! », a-t-il lancé vendredi, au sortir d’un caucus de trois jours de ses députés en prévision de la rentrée parlementaire.

La conférence de presse devait initialement porter sur les moyens à prendre pour lutter contre la pénurie de main-d’œuvre et les dossiers chauds qui occuperont les députés à leur retour à l’Assemblée nationale. 

François Legault, qui s’est adressé aux médias vendredi au terme d’un caucus de trois jours de ses députés pour préparer la rentrée parlementaire, ne regrette pas son intervention musclée dans la campagne fédérale.
Photo Didier Debuschère
François Legault, qui s’est adressé aux médias vendredi au terme d’un caucus de trois jours de ses députés pour préparer la rentrée parlementaire, ne regrette pas son intervention musclée dans la campagne fédérale.

Mais l’ordre du jour a été modifié à la dernière minute en raison de la controverse entourant le débat des chefs en anglais, qui a donné lieu à un véritable procès des lois québécoises sur la laïcité et la langue française.

Fâché, le premier ministre du Québec a dénoncé avec vigueur les propos de l’animatrice, qui a associé ces législations à du racisme et de la discrimination.

  • Écoutez l’analyse d’Elsie Lefebvre et Marc-André Leclerc du discours de François Legault:   

« Prétendre que de protéger le français c’est discriminatoire ou raciste, c’est ri-di-cu-le, a-t-il pesté, dans une vaste salle du Centre des congrès de Québec. Je veux être clair, ces deux lois sont parfaitement légitimes ! » 

Il a d’ailleurs réclamé des excuses de la modératrice et du consortium de médias qui a organisé l’événement, en vain.

Ingérences des partis fédéraux

Mais les ingérences de Justin Trudeau, Jagmeet Singh et Annamie Paul dans les champs de compétences du Québec sont tout aussi graves aux yeux du premier ministre caquiste. 

Il ne regrette d’ailleurs pas son intervention musclée dans la campagne fédérale. François Legault préfère le programme des conservateurs d’Erin O’Toole, il ne s’en cache pas.

Et reprenant une partie du célèbre discours de Robert Bourassa après l’échec de l’accord du lac Meech, François Legault a invité les citoyens à rester sensibles aux intérêts du Québec le 20 septembre, lorsqu’ils se rendront aux urnes pour élire le prochain gouvernement fédéral.

« Quoi qu’on dise, quoi qu’on fasse à Ottawa, le Québec est une nation libre de protéger sa langue, ses valeurs, ses pouvoirs », a-t-il glissé.

Le devoir d’un PM

Les électeurs doivent veiller à ce que le prochain gouvernement à Ottawa ne réduise pas l’autonomie du Québec. « Or actuellement, on a trois partis qui veulent décider à notre place de nos priorités dans nos pouvoirs », a-t-il insisté.

À ceux qui lui reprochent d’avoir rompu les conventions en intervenant de la sorte dans une élection fédérale, François Legault rétorque que c’est justement son devoir de premier ministre de défendre la nation québécoise, ses pouvoirs, sa langue et ses valeurs. 


La question posée par la modératrice Shachi Kurl, présidente de la maison de sondage Angus Reid, lors du débat des chefs en anglais :

« Vous niez que le Québec a des problèmes avec le racisme, mais vous défendez des lois comme les lois 96 et 21, qui marginalisent les minorités religieuses, les anglophones et les allophones. Le Québec est reconnu comme une société distincte, mais, pour ceux qui sont à l’extérieur de la province, aidez-les, s’il vous plaît, à comprendre pourquoi votre parti soutient aussi ces lois discriminatoires. »

« Des lois parfaitement légitimes », selon le premier ministre du Québec

« Ce qu’on a vu au débat des chefs, c’est une attaque contre la loi 21 sur la laïcité et contre le projet de loi 96 sur la langue. Je veux être clair, ces deux lois sont parfaitement légitimes. »

« Je ne m’excuserai certainement pas de défendre notre langue,de défendre nos valeurs, de défendre nos pouvoirs,c’est même mon devoir comme premier ministredu Québec. »

« On a trois partis [fédéraux] qui veulent décider à notre place de nos priorités dans nos pouvoirs. Donc ce que je dis aux Québécois, c’est : svp, tenez compte de ça dans votre choix. »

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