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Ma vie en films: «Les règles de distanciation sont calquées sur l’étiquette paysanne» - Sébastien Pilote

Ma vie en films: «Les règles de distanciation sont calquées sur l’étiquette paysanne» - Sébastien Pilote
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits

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Son Maria Chapdelaine est présenté en première aujourd’hui, 11 septembre, au Festival international du film de Toronto. Quelle meilleure occasion pour interroger le réalisateur Sébastien Pilote qui se destinait à une carrière de percussionniste?

Sébastien, quel est votre premier souvenir d'une salle de cinéma?

Dans un vrai cinéma, possiblement E.T., l’extraterrestre. Je n’habitais pas en ville, alors c’est une expérience assez tardive. J’avais peut-être 9 ou 10 ans. Avant ça, un Lucky Luke au ciné-parc. Je me souviens aussi d’une projection dans un sous-sol de salle paroissiale en 16 mm... Je crois que c’était Chitty Chitty Bang Bang.

Votre premier film marquant?

La guerre des étoiles. Et plusieurs films vus à la télé au Cinéma de 17 h. Des films comme L' invasion des profanateurs de Philip Kaufman, Enfer mécanique, Point limite zéro, «Course à la mort» et «Duel». Plus tard, vers 17 ans, ce sont les films d'Ingmar Bergman et Krysztof Kieslowski, avec son Décalogue, qui m’ont beaucoup marqué.

Et un plus récent?

Mes films les plus marquants vus récemment sont des vieux films. En général, je préfère voir ou revoir des vieux films. Mais pour nommer un film vraiment récent: Trois souvenirs de ma jeunesse d'Arnaud Desplechin.

En quoi pensez-vous que la pandémie, qui a reporté tant le tournage que la sortie de Maria Chapdelaine, va modifier le cinéma?

La pandémie m’a fait prendre conscience que le cinéma est un art vivant. [...] Est-ce que ça va transformer les tournages? Je souhaite que non. Je ne suis pas pressé de tourner un film avec les règles de distanciation. Je m’en suis très bien tiré avec «Maria Chapdelaine» parce que les règles de distanciation sont calquées sur l’étiquette paysanne. [...] À l’époque, dans les veillées, le curé passait pour s’assurer que les chaises n’étaient pas trop rapprochées.

Votre premier «kick» au cinéma?

Jessica Lange dans King Kong. Je ne sais pas pourquoi, mais j’étais vraiment très jaloux de Jeff Bridges, son partenaire dans le film, et pas du tout de King Kong. Pourtant, elle les aimait tous les deux. Et mon deuxième «kick» au cinéma... Jessica Lange dans Tootsie. Cette fois, j’étais jaloux de Tootsie.

La trame sonore écoutée pendant votre adolescence?

Au début de l’adolescence, je dirais Footloose... et Retour vers le futur. Il y a eu bien sûr la musique de Breakfast Club, et de Highlander par Queen... Puis, celle de Singles de Cameron Crowe en sortant de l’adolescence.

Si tout était possible, un réalisateur ou une réalisatrice, mort ou vivant, que vous aimeriez inviter au cinéma? Et qu'iriez-vous voir?

Il y a quelques cinéastes qui me viennent en tête avec qui j’aimerais aller au cinéma s’ils étaient morts, mais ils sont vivants! (rire) Mais un que je souhaiterais vivant pour aller au cinéma, c’est François Truffaut. Nous irions voir un film de John Ford, peut-être. Il n’aimait pas John Ford. J’essaierais de le convaincre qu’il se trompait. Et pour choisir un cinéaste bien vivant, je dirais Martin Scorsese. Je lui donnerais la permission de parler pendant le film.

Une réplique de film que vous aimeriez voir sur votre pierre tombale?

«À vous entendre, on dirait que c’est moi qui vous quitte», une belle réplique qui est dans «Madame de...» de Max Ophuls. Il y a aussi «He used to be a big shot» [«Il était une vedette», en traduction libre, NDLR], la dernière réplique de «The Roaring Twenties» de Raoul Walsh qui serait pas mal, mais pas très vrai... À bien y penser, je pense que je choisirais plutôt la dernière réplique de Boulevard du Crépuscule de Billy Wilder: «I'm ready for my close-up.» [«Je suis prêt pour un gros plan», en traduction libre, NDLR].