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Immigrer en région : l'accueillante Matane

Immigrer en région : l'accueillante Matane
Photo : courtoisie, Denis Secret

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Lorsque les premiers Réunionnais débarquent à Matane, il y a une quinzaine d’années, l’arrivée de tous ces étrangers à l’accent résolument français, donne une petite touche d’exotisme à la ville. Des années plus tard, leur présence, comme celle des dizaines de ressortissants d’autres nationalités qui se sont ajoutés, prend un sens nouveau. 

S’ils contribuent à l’enrichissement culturel de la petite ville de 14 000 habitants, ces nouveaux arrivants donnent également un peu d’oxygène aux entreprises de la place, aux prises avec la rareté de la main-d’oeuvre qui frappe tout le Québec.

Arrivé avec ses valises en 2005, Denis Secret vient étudier à Matane les techniques d’intégration multimédia qu’enseigne le cégep local. Il fait partie de ces Réunionnais qui, comme lui, ont répondu aux efforts de recrutement déployés par l’institution en quête de nouveaux étudiants.

«Le contact avec l’équipe de recrutement a été tellement chaleureux que j’ai signé pour Matane, sans savoir où j’allais atterrir», se rappelle celui qui occupe maintenant un poste de gestion à la Réserve faunique de Matane.

L’histoire de Denis Secret, c’est aussi celle de dizaines d’autres ressortissants étrangers qui ont choisi de s’installer dans les régions du Québec au cours des dernières années. C’est celle de Yann Gonthier, lui aussi de La Réunion, venu au Québec pour tenter l’expérience matanaise.

Immigrer en région : l'accueillante Matane
Photo : courtoisie, Yann Gonthier

«J’ai regardé le programme de multimédia. Je me suis dit : pourquoi pas. Ça a l’air assez récent. Je suis allé sur internet, j’ai vu quelques images de Matane, j’ai vu le parc des îles, vu de haut, et ça m’a attiré du premier coup et je me suis dit: essayons ça!»

Le Service d'accueil des nouveaux arrivants de la Matanie (SANAM) estime avoir accompagné des personnes d’une cinquantaine de nationalités différentes depuis sa création, en 2012. L’organisme à but non lucratif (OBNL) dit supporter entre 70 et 90 immigrants en moyenne chaque année, sans compter les 20 à 30 autres, originaires du Québec, qui choisissent Matane comme milieu de vie.

Pour le maire de Matane, Jérôme Landry, tous ces gens sont désormais indispensables au développement économique et social de la ville.

«On a une rareté de main-d’oeuvre qui fait en sorte que là, on met en péril des services de base, comme les services de santé. Tout l’été, les soins intensifs ont été fermés, faute d’infirmières. Les soins d’obstétrique aussi ont été fermés faute d’infirmières. Ça, c’est majeur», raconte le maire.

Si attirer les travailleurs étrangers représente un défi, les retenir aussi.

«Pour ça, il faut qu’ils soient bien intégrés, qu’ils se sentent bien, qu’ils se sentent acceptés, puis après ça, que les papiers roulent pour leur permettre de faire venir leur famille le plus rapidement possible», explique M. Landry.

Denis Secret ajoute que «quand on est bien accueilli, on a envie d’en donner un peu plus et on devient de très bons ambassadeurs de la région alors qu’on ne vient pas d’ici.»

Il faut aussi un boulot où on se plait, mentionne pour sa part Yann Gonthier. «L’employeur que j’ai actuellement est une personne humaine, et c’est ce que je recherche, moi, dans mon travail. Ce que je retrouve ici, c’est de la proximité. Si j’ai besoin de parler avec ma boss, c’est facile. Elle va m’écouter, elle va comprendre, puis ça va être simple.»