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La vie d’une femme vaut cinq ans

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Mercredi, Daniel Déry, qui a été condamné à 12 ans de prison pour avoir étranglé sa conjointe Francine Bissonnette en juin 2016, est sorti de prison après avoir purgé... cinq ans.

C’est ce que ça vaut, la vie d’une femme, au Québec. 

Cinq petites années en taule. 

Et après, dehors.

QUEL MESSAGE ENVOIE-T-ON ?

Pendant ce temps, on nous inonde de publicités sociétales nous disant que la violence faite aux femmes est intolérable !

Je suis désolé, mais je trouve que cinq ans pour avoir tué une femme, c’est assez tolérant, merci. 

Je ne vois pas ce qu’il y a de sévère là-dedans.

Je dirais même que c’est presque une invitation aux hommes violents à laisser libre cours à leurs plus bas instincts.  

« Tu tues ta conjointe ? Pas de problème, non seulement on va te donner une sentence légère, mais tu vas pouvoir recouvrer ta liberté après avoir purgé seulement un tiers de ta peine ! »

C’est bien beau, répéter sur toutes les tribunes que la violence envers les femmes est inacceptable au Québec, mais encore faut-il que les bottines suivent les babines ! 

Que le système de justice reflète ces belles paroles !

Quel message envoie-t-on à la société lorsqu’on libère l’auteur d’un féminicide après cinq ans de prison seulement ?

Que tuer une femme n’est pas si grave !

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Que c’est moins grave que commettre un crime économique !

C’est ça, le Québec ?

Après ça, on dit aux nouveaux arrivants que le respect des femmes est l’une des valeurs fondamentales du Québec. Yeah, sure

  • Écourez l'entrevue de Richard Martineau avec Yves Thériault, producteur de la série En prison et auteur du livre Tout le monde dehors, sur QUB radio:

AUCUN REMORDS

Le pire est que Daniel Déry n’a jamais manifesté le moindre signe de remords.

Lorsque la Commission des libérations conditionnelles lui a dit que l’une des conditions qu’il devra respecter une fois libéré est de ne pas se pointer à Chambly, monsieur a rouspété !

« Ben là, ça veut dire que je ne pourrai pas aller manger dans un restaurant à Chambly avec mes enfants ? »

Moi, un tueur de femmes m’aurait lancé ça que je l’aurais renvoyé manu militari dans sa cellule, purger le reste de sa sentence jusqu’à la dernière seconde de la dernière minute de la dernière heure de la dernière journée des sept ans qu’il lui restait à purger !

Tu parles d’une réaction ! 

On t’annonce que tu sortiras peut-être après cinq ans, et tout ce que tu trouves à dire, c’est : « Ben là, y a des bons restaurants à Chambly ! » 

Me niaises-tu ?

Or, à la Commission des libérations conditionnelles, on ne s’est pas offusqué de cette bravade. On a décidé de le laisser sortir. Wow. Bonjour la tolérance zéro !

TOUT LE MONDE DEHORS !

C’est bien beau, la réhabilitation, mais avez-vous bien regardé la statue qui représente la Justice ?

Elle tient un glaive dans une de ses mains. Il est où, le glaive, au Québec ?

En 2005, le journaliste et producteur Yves Thériault a provoqué un électrochoc en sortant Tout le monde dehors, un pamphlet dénonçant la complaisance crasse de la Commission des libérations conditionnelles.

Le temps est venu de sortir une nouvelle version de ce livre-choc. Car malheureusement, au cours des 16 dernières années, rien, absolument n’a changé. 

SI VOUS AVEZ BESOIN D’AIDE  

SOS violence conjugale