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Où est François?

Le premier ministre François Legault réagissant au débat des chefs de la campagne électorale fédérale, au Centre des congrès de Québec, vendredi.
Photo Didier Debusschère Le premier ministre François Legault réagissant au débat des chefs de la campagne électorale fédérale, au Centre des congrès de Québec, vendredi.

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La campagne électorale fédérale s’avérait terne avec des chefs qui répètent la cassette formatée par leurs conseillers.

Tous ces leaders n’inspiraient pas grande confiance avec leurs déclarations qui s’adaptaient à l’humeur du jour et à l’endroit où ils étaient en tournée.

Le premier ministre québécois et la présidente de la maison de sondage Angus Reid, Shachi Kurl, ont toutefois recréé de l’intérêt pour cette course ces jours-ci.

Le premier l’a fait en indiquant ses préférences pour l’issue du scrutin. La seconde en interpellant le chef du Bloc sur les lois relatives à la laïcité et la langue française. Elle sous-entendait que les Québécois étaient racistes.

Leurs propos ont généré un lot d’interprétations et ont fait jaser abondamment. Que restera-t-il de cette diatribe ? Nous le saurons le jour du vote !

Casser du sucre

Madame Kurl a soulevé la colère d’un grand nombre de Québécois avec l’assentiment des patrons des grands médias canadiens. Elle donne raison à l’adage qui veut qu’on ne soit jamais surpris par le Canada anglais, mais toujours déçu.

Fallait-il s’attendre à autre chose dans un pays où les institutions sont vouées à notre disparition tranquille ?

On doit cependant dire que ce n’est pas toujours avec la même vigueur que les gouvernements québécois et les partis d’opposition manifestent leur indignation face au « Québec bashing » du ROC.

Sans résistance ferme, la communauté anglophone québécoise peut se montrer particulièrement envahissante. Depuis longtemps, le Québec finance ses institutions au-delà de son poids historique.

Un juge au penchant fédéraliste a maintenu les commissions scolaires pour les anglophones, et l’une de celles-ci, la CSEM, demande le retrait des lois qui protègent l’identité québécoise.

Notre laxisme permet aussi de laisser planer l’agrandissement du cégep Dawson, un autre important lieu d’assimilation à la culture dominante anglophone au Canada. Le gouvernement serait même en voie de céder le Royal Victoria à l’Université McGill.

Malgré ce traitement privilégié pour la minorité anglophone, le ROC use de tous les moyens pour aplatir l’identité québécoise et la ranger dans la catégorie folklore.

Naviguer délicatement

Avant le débat anglophone des chefs fédéraux, François Legault s’est adressé à ses concitoyens et a brossé les enjeux de l’élection pour le Québec. Premier message, tenez-vous loin des partis centralisateurs comme le PLC, le NPD et les verts. Deuxième message, il souhaite un gouvernement minoritaire.

Troisième message, ce serait plus facile de négocier avec le PCC pour rapatrier des pouvoirs.

Il conclut en appelant les nationalistes québécois à créer les conditions pour que ses souhaits se réalisent. Certains y ont vu un appui aux conservateurs.

Il est demeuré muet sur le Bloc. Pourtant, ce parti est le refuge des nationalistes et le plus apte à créer les conditions pour un gouvernement minoritaire.

Son propos cachait-il plutôt un appui tacite au Bloc ?

Madame Kurl l’y aura poussé en révélant le vrai visage des chefs fédéraux qui n’attendent que l’élection pour se dédouaner de leurs promesses !