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Mairie de Québec: où étiez-vous le 11 Septembre?

Les candidats à la mairie de Québec nous racontent comment ils ont vécu cette journée tragique

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Chacun se souvient de ce qu’il faisait le 11 septembre 2001 quand des avions ont percuté les tours jumelles du World Trade Center à New York. Rivés à nos écrans de télé, on pouvait se douter que cette journée resterait gravée dans la mémoire collective. Pour souligner les 20 ans de cette tragédie planétaire, Le Journal a demandé aux candidats à la mairie de Québec où ils étaient à l’époque et ce que cela a changé pour eux ou dans leurs domaines respectifs.

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Marie-Josée Savard  

Cheffe d’Équipe Savard

Photo Stevens LeBlanc

Où étiez-vous quand vous avez appris l’ampleur des attentats du 11 Septembre ?

« J’avais un cours à l’université. Mon chum est venu me chercher. C’est la première fois que je le voyais vraiment fessé. »

Quelle a été votre réaction ?

« Je me suis sentie vulnérable comme je ne l’ai jamais été. Tu te dis : “Mon Dieu, des choses comme ça peuvent arriver”. Au début, quand tu vois la première tour, tu penses que c’est un accident. Mais quand tu vois la deuxième, tu te dis qu’il y a quelque chose qui ne va pas. C’était énorme de voir ces deux tours tomber, et la détresse des gens. On se met à la place des familles. Mes émotions étaient semblables à ce que j’ai vécu plus tard au moment de l’attentat à la grande mosquée [en janvier 2017]. C’est de sentir qu’on est fragile. »

Comment cela a-t-il changé votre vie ?

Quand des événements comme ça arrivent, ça rapproche le monde. Les gens réalisent l’importance des autres, que la vie est fragile et que c’est important de prendre soin des gens et d’apprécier ce qu’on a. On a le goût de faire encore plus attention aux gens.

- Propos recueillis par Taïeb Moalla

Jean-François Gosselin  

Chef de Québec 21

Photo Stevens LeBlanc

Où étiez-vous quand vous avez appris l’ampleur des attentats du 11 Septembre ?

« J’arrivais au travail. Je travaillais pour une entreprise à Beauport qui exportait aux États-Unis. On était dans une vaste campagne de télémarketing que je dirigeais. On a arrêté tout de suite les appels. »

Quelle a été votre réaction ?

« Le 8 septembre, trois jours avant, j’étais dans un avion d’American Airlines. Et c’est trois semaines après la naissance de ma fille. Je suis retourné chez nous et j’ai regardé ça à la télévision avec ma fille dans les bras. C’était irréaliste comme journée. C’est tout notre monde, notre mode de vie et notre liberté qui ont été attaqués. Déjà 20 ans ! Ça a passé vite. On dirait que c’était hier. »

Comment cela a-t-il changé votre vie ?

« Avec mon travail, j’avais à voyager énormément. Les mesures de sécurité dans les aéroports après ça étaient très importantes même si les avions étaient plutôt vides. De façon plus générale, ça m’a ouvert l’esprit et forcé à me questionner : à quoi le monde allait ressembler ? Que vais-je raconter à ma fille qui venait de naître ? Dans quel monde elle vivrait ? J’ai aussi pris conscience de l’importance de la liberté dans notre vie. Je l’apprécie encore plus maintenant. »

– Propos recueillis par Taïeb Moalla

Bruno Marchand  

Chef de Québec forte et fière

Photo Stevens LeBlanc

Où étiez-vous quand vous avez appris l’ampleur des attentats du 11 Septembre ?

« J’étais en réunion au Centre de prévention du suicide de Québec, qui était à l’époque dans le quartier Montcalm, sur le chemin Sainte-Foy. J’étais intervenant communautaire au cégep de Sainte-Foy et on préparait des stratégies de prévention du suicide. Pendant la réunion, il y a quelqu’un qui nous dit qu’il est arrivé quelque chose, que personne ne croit, car tout le monde a besoin de voir. Alors, il y a des télés qui s’allument. »

Quelle a été votre réaction ?

« À l’époque, ça ne bougeait pas aussi vite que maintenant, les gens n’avaient pas ça sur leur téléphone. Quand je suis arrivé au cégep, il y avait encore plein de monde qui ne le savait pas. Et là, c’est des réunions sur qu’est-ce qu’on fait : on l’annonce-tu, on l’annonce-tu pas ? On envoie tout le monde chez eux ou c’est mieux de garder le contact ? [...] C’était surréel. »

Comment cela a-t-il changé votre vie ?

« Une prise de conscience d’un monde différent, pour lequel, je pense, on se sentait protégé avant ; une prise de conscience que ce qui se passait ailleurs, ça pouvait arriver proche de nous. Après ça, les effets ont été directs pour amplifier ça : juste la sécurité dans les aéroports, il y a un paquet de choses qui ont changé dans la vie des gens. »

– Propos recueillis par Dominique Lelièvre

Jean Rousseau  

Chef de Démocratie Québec

Photo Stevens LeBlanc

Où étiez-vous quand vous avez appris l’ampleur des attentats du 11 Septembre ?

« Je travaillais pour une compagnie biotechnologique, qui avait ses bureaux sur la route de l’Église. On est venu me chercher et on s’est tous retrouvés devant une télévision. On était complètement abasourdis. On a donné congé à tout le monde. On était effrayés de voir passer des avions dans le ciel. »

Quelle a été votre réaction ?

« On se dit qu’il n’y a pas de limites à l’horreur. J’ai étudié à New York, je suis allé dans le World Trade Center, j’ai des amis qui étaient là. J’ai essayé de communiquer avec eux et les lignes téléphoniques étaient surchargées. L’un d’eux était sur le toit de son bâtiment et il a vu la première tour s’effondrer. Il en a pleuré. »

En quoi cela a-t-il changé votre vie ?

« C’est de voir jusqu’où la cruauté humaine peut exister. Quand je suis retourné voir mes amis, on est allés au WTC. Il y avait toujours des odeurs. Les gens ont été pulvérisés en poussière. Ce qui est particulier, c’est de se dire que la poussière qu’on respire, c’est celle des restes humains et du bâtiment. C’était dur à accepter. »

– Propos recueillis par Stéphanie Martin

Jackie Smith  

Cheffe de Transition Québec

Photo Stevens LeBlanc

Où étiez-vous quand vous avez appris l’ampleur des attentats du 11 Septembre ?

« J’étais assez jeune, j’avais 19 ans, presque 20, à Hamilton [en Ontario, NDLR], ma ville natale. Je me souviens qu’il y avait une grosse mobilisation des pompiers et des paramédics qui ont envoyé des renforts tout de suite, puisque Hamilton est proche des frontières de New York. On voyait les pompiers passer en urgence, je me rappelle cette image. »

Quelle a été votre réaction ?

« Je me rappelle d’avoir pensé que peu importe qui est responsable, ils vont blâmer l’Irak. Je pense que beaucoup de personnes étaient sous le choc et se demandaient : mais qu’est-ce que ça veut dire ? [...] J’étais témoin de quelque chose qui allait changer le monde, c’était comme de passer à travers un grand changement de culture, du sentiment de sécurité, un moment de bascule. »

Comment cela a-t-il changé votre vie ?

« Une de mes plus vieilles amies, originaire de la Palestine, a été traitée avec beaucoup plus d’hostilité à partir de cette journée-là. Il y avait des histoires de personnes racisées de la communauté sikhe qui étaient victimes de crimes haineux même si elles n’avaient rien à voir [avec ce qui s’était passé]. Je me rappelle du sentiment que le monde a complètement changé. L’importance des politiques internationales et des relations internationales a commencé à m’intéresser davantage. »

– Propos recueillis par Dominique Lelièvre