/misc
Navigation

Qui est le vrai Justin Trudeau?

Coup d'oeil sur cet article

Après le désaveu de François Legault, après la grenade sur le racisme et la discrimination au Québec lors du débat des chefs en anglais, une autre bombe vient de s’abattre sur la campagne libérale.

« Je savais qu’il voulait que je mente. » 

« C’était soit de la complicité ou de l’incompétence. »

Le moins qu’on puisse dire, c’est que l’ex-procureure générale du Canada Jody Wilson-Raybould s’est invitée dans la campagne électorale avec la ferme intention de régler ses comptes.

Celle qui a refusé de consentir un accord différé à SNC-Lavalin pour sauver des milliers d’emplois, celle qui a plongé le gouvernement Trudeau dans la tourmente, publie ces jours-ci ses mémoires.

Sans surprise, le portrait qu’elle dresse de ses dernières conversations avec Justin Trudeau est dévastateur. Sa vengeance est indéniablement un mets qui se déguste froid. 

Comme si les voies ensoleillées avaient fait place à House of Cards

Alors que le chef libéral joue le tout pour le tout pour sauver sa carrière politique, ce dernier développement consacre la campagne comme un référendum sur Justin Trudeau.

De l’histoire ancienne ?

Tout ça a été enquêté, analysé, décortiqué, a plaidé Justin Trudeau, samedi matin.

Son plaidoyer est simple : « quand on veut faire de grandes choses, on finit par accumuler le poids de certaines réalités. » Lire, ici, j’assume mes choix, aussi controversés soient-ils.

À l’inverse, le chef conservateur a sauté sur l’occasion pour dénoncer le manque d’intégrité des libéraux. Une autre preuve, dit-il, que son rival fera et dira n’importe quoi pour garder le pouvoir.

L’histoire et ses interprétations contradictoires incarnent le dilemme Trudeau.

D’un côté, l’ambition de transformer le Canada en un phare progressiste, le pari d’un premier ministre soucieux de sauver des milliers d’emplois au Québec à tout prix, les défis de composer avec une ministre intransigeante. 

De l’autre, l’image d’un chef libéral superficiel, prêt à laisser de côté les idéaux qui l’ont porté au pouvoir au profit de ses intérêts partisans, prêt, surtout, à sacrifier l’intégrité de sa ministre de la Justice pour sauver les apparences.

En pleine campagne électorale, là où aucune nuance n’est permise, chacun retiendra le côté de la médaille qui renforce ses préjugés.

Que reste-t-il ?

Dans une course où Justin Trudeau en est réduit à démoniser son adversaire pour sauver les meubles, ce règlement de comptes ne pouvait plus mal tomber.

Suffira-t-il à donner l’impulsion qui manque toujours au chef conservateur ? Difficile à dire, l’électorat n’a-t-il pas déjà tiré ses propres conclusions sur cette affaire vieille de plus de deux ans ?

S’il est assez habile, le NPD pourra certainement exploiter l’affaire pour remettre les projecteurs sur le féminisme à géométrie variable de Justin Trudeau et consolider ses appuis chez les électrices progressistes. 

Qu’on la croie ou non, à une semaine du vote, Jody Wilson-Raybould impose une réflexion.

Les « grandes choses » que promet Justin Trudeau excusent-elles les promesses brisées des six dernières années ?