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Fusillade du Collège Dawson: les élus soulignent le 15e anniversaire de la tragédie

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Les élus de différents paliers gouvernementaux ont réagi lundi à la fusillade qui s’est déroulée au collège Dawson de Montréal il y a 15 ans jour pour jour, une tragédie qui a remis sur la table la question des armes à feu dans la course électorale fédérale. 

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Le commentaire du chef conservateur Erin O’Toole était particulièrement attendu après qu'il eut été dans l’obligation de clarifier plusieurs fois sa position dans ce dossier depuis quelques jours.

«Je tiens à dire aux familles des victimes que mes pensées sont avec elles et toujours avec les victimes de la violence et du crime dans notre société», a-t-il déclaré lors de son point de presse à Carp, en Ontario, lundi matin.

M. O’Toole a notamment dû préciser des propos tenus la veille dans une entrevue à CBC, où il aurait affirmé que l’arme utilisée lors de la tuerie de Dawson avait été «obtenue illégalement».

«Je veux profiter de l’occasion pour préciser que je faisais référence au transport et au stockage illégal de cette arme à feu», a-t-il alors expliqué.

«Permettez-moi également de réitérer ce que j’ai dit tout au long de cette campagne, à savoir que nous maintiendrons les restrictions en place, que nous garderons les gens en sécurité, que nous nous efforcerons d’éliminer la politique de la sécurité des personnes et que nous donnerons à la police et aux services frontaliers les outils dont ils ont besoin pour lutter contre le crime organisé», a poursuivi le chef conservateur.

La position du Parti conservateur du Canada à propos des armes à feu a rapidement été critiquée lundi après-midi par le premier ministre sortant Justin Trudeau.

«[M. O’Toole] ne peut pas dire la vérité parce qu’il sait que le deal qu’il a signé avec le lobby des armes pour gagner le leadership du Parti conservateur du Canada, ce n’est pas quelque chose aligné avec les valeurs ni des Québécois ni des Canadiens», a affirmé le chef libéral, qui faisait campagne à Vancouver.

Rappelons que le groupe PolySeSouvient avait appelé la semaine passée à ne pas voter pour les conservateurs, avançant que «si on veut protéger le contrôle des armes et faire en sorte que le Canada ne prenne pas le chemin des États-Unis, il ne faut pas voter conservateur».

Le dirigeant du Nouveau Parti démocratique (NPD) a également pris la parole pour commémorer la tragédie, mentionnant que les fusillades causées par les armes d’assaut au Québec et au Canada sont «des massacres horribles».

«Pour éviter ces massacres horribles, pour sauver des vies, un outil essentiel, c’est le contrôle des armes d’assaut. [...] On pense qu’on doit avoir un rachat obligatoire. On doit protéger la population», a-t-il déclaré lors de son déplacement en matinée à Sioux Lookout, dans le nord de l’Ontario.

Legault et Plante réagissent

Le premier ministre québécois s’est pour sa part saisi de son compte Twitter pour souligner ce jour où Anastasia De Sousa a perdu la vie et où 19 autres personnes ont été blessées lors de l’irruption d’un tireur au collège Dawson, le 13 septembre 2006.

«Un triste anniversaire aujourd’hui. Mes pensées accompagnement les familles et les proches des victimes», a écrit François Legault lundi après-midi.

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a également eu une pensée pour la famille d’Anastasia De Sousa.

«Elle allait à l’école, qui est censée être un lieu sécuritaire. Mais quelqu’un en a décidé autrement. Je trouve ça difficile de parler de cet anniversaire dans le contexte du débat sur les armes à feu», a souligné Mme Plante.

La semaine dernière, elle a uni sa voix à celle des maires des quatre autres villes les plus populeuses de la province pour demander un engagement ferme du prochain gouvernement fédéral contre le trafic d’armes à feu.

«Elle ne serait peut-être pas morte si le tueur n’avait pas eu en sa possession une Beretta CX4 Storm, qui est une arme d’assaut [obtenue légalement], ainsi qu’une arme de poing qui, présentement, est légale», a dénoncé Mme Plante.

Elle a réitéré son appel au prochain gouvernement à agir pour interdire ces armes. «On a besoin de soutien. Sinon, une tragédie comme celle-là pourrait se reproduire n’importe quand», craint-elle.

Le député caquiste Ian Lafrenière, un ancien policier qui oeuvrait comme porte-parole pour le Service de police de la Ville de Montréal à l’époque de la tragédie, a aussi commémoré les 15 ans du drame lundi.

«Il y a 15 ans aujourd'hui. Je n'oublierai jamais cette terrible tragédie du collège Dawson. Mes pensées sont avec la famille De Sousa et mes collègues qui ont fait la différence cette journée-là. Anastasia, jamais tu ne seras oubliée. Je me souviens», a-t-il écrit sur Twitter.

– Avec la collaboration de Félix Lacerte-Gauthier, Agence QMI.