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Le manque de personnel à l'hôpital de Roberval «était prévisible»

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Le manque de personnel à l'hôpital de Roberval, dans le secteur du Lac-Saint-Jean, et la crise qui en a découlé était prévisible, selon la haute direction du Centre intégré universitaire de santé et des services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean.

«On n'a pas commencé à gérer ça dans les derniers jours. Ça fait des mois déjà qu'on anticipe cette situation-là», a assuré Serge Lavoie, directeur coordonnateur du secteur Domaine-du-Roy au CIUSSS.

M. Lavoie a récemment été mandaté par le CIUSSS pour trouver des solutions au manque de ressources dans ce secteur précis.

«On a embauché une personne spécifiquement pour nous aider à supporter la liste de rappel et tenter d'équilibrer les forces entre les programmes pour que ce ne soit pas toujours les mêmes qui fassent du temps supplémentaire obligatoire. On a d'ailleurs réussi à en éviter dans les derniers mois», a-t-il soutenu.

Mais sur le plancher, la réalité est différente. Les infirmières ont fait autant de quarts de travail en heures supplémentaires obligatoires, voire plus.

«Dans un contexte où on se doit de donner des services parce que c'est notre mission, c'est malheureusement un phénomène qu'on va voir encore», a affirmé M. Lavoie.

Huit infirmières à bout de souffle de l'hôpital de Roberval ont démissionné en quelques jours seulement.

«Une infirmière en moins c'est difficile, alors imaginez huit en mois. Ça l'est encore plus», a indiqué M. Lavoie, qui admet comprendre la détresse des travailleurs et être préoccupé par la situation. «On ne s'y attendait pas, même si on sait que c'est difficile pour plusieurs», a-t-il ajouté.

D'autres services comme les soins intensifs à Roberval pourraient fermer temporairement pour permettre aux équipes de se reposer.

«La grande crainte qu'on a ici, c'est de perdre des services de proximité. J'ai entendu des gens se demander si on allait devenir un dispensaire. La réponse est non», a-t-il assuré.

«Notre première préoccupation, c'est la sécurité de nos patients. Donc, admettre un patient dans un site où il manque de personnel et douter de la qualité de nos soins, il n'en est pas question. Si on transfère un patient, c'est vraiment parce que c'est dans son intérêt vers un autre hôpital», a fait savoir M. Lavoie.

Pendant que les autorités régionales de la santé procèdent à une réorganisation interne, les efforts de recrutement se poursuivent à l'externe.

«On a de nombreuses discussions avec le milieu de l'enseignement. En plus des efforts déployés pour recruter à l'étranger. C'est difficile, mais on est en contrôle. On sait ce que l'on fait et ce que l'on fait, on le fait du mieux qu'on le peut dans le contexte actuel», a expliqué Serge Lavoie.

«La pandémie, ça a été difficile pour tout le monde, mais il faut penser aux patients», a commenté la ministre responsable de la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Andrée Laforest.

«Ça achève, la pandémie, donc il ne faut pas que nos infirmières nous quittent, même si on le sait que c'est un moment difficile à passer», a-t-elle ajouté.

La ministre a par ailleurs rappelé que l'hôpital de Roberval n’était pas le seul au Québec dans cette situation. Mme Laforest, qui dit suivre le dossier de près, a assuré être en communication constante avec les dirigeants du CIUSSS.

La nomination de personnes responsables et imputables au sein de chaque hôpital fait partie des solutions à l'étude, selon la ministre, comme le gouvernement l'a fait récemment dans les CHSLD.