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Pénurie d’humain.es

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J’en avais souvent entendu parler, sans jamais vraiment la rencontrer. Je m’en serais bien passé, mais en fin de semaine dernière, je suis tombée nez à nez avec la pénurie de main-d’œuvre qui sévit au Québec.

Samedi soir, je suis allée me chercher un sous-marin. Vous connaissez sûrement l’endroit. Le principe est simple dans cette chaîne de restauration rapide : vous pouvez choisir tous les ingrédients, du pain à la sauce. À l’entrée du restaurant étaient placardées plusieurs pancartes « employés recherchés ».

Elle était seule derrière le comptoir. Elle ne devait pas avoir 18 ans. Je l’ai vue se démener pour servir tous les clients, pour finir à temps les commandes en ligne et les donner au livreur. J’ai vu cette jeune fille avoir chaud, se faire parler bête, être stressée par le temps, courir d’un endroit à l’autre. Elle était seule, épuisée. Je l’ai vue subir de plein fouet le manque de personnel.

La pénurie de main-d’œuvre nuit aux employeurs et à la clientèle, mais elle nuit tout d’abord aux employé.es.

Le personnel en première ligne

Quand il manque d’employé.es dans un commerce, le personnel écope d’une charge de travail accrue. Et tout ça, pour un salaire le plus souvent trop maigre.

Au début de l’été, on apprenait que le Québec était la province canadienne la plus durement touchée par la pénurie de main-d’œuvre. Les postes à combler y ont augmenté de 14,4 % comparativement à l’année précédente.

Si les conditions de travail et les salaires étaient meilleurs, si l’on misait sur l’immigration et qu’on arrêtait de rejeter le blâme sur les aides financières gouvernementales offertes pendant la pandémie, on ne vivrait peut-être pas avec un problème de cette ampleur.

Cette pénurie ne date pas d’hier. Il serait temps de s’y attaquer concrètement pour assurer un bel avenir au marché du travail et à ceux et celles qui en sont la richesse.