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Recours collectif autorisé contre la Famille Marie-Jeunesse

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Pour une première fois dans l’histoire judiciaire du Québec, le Tribunal a autorisé une demande d’action collective contre un groupe religieux qui prend en compte les abus spirituels.

L’homme qui porte le recours contre la Famille Marie-Jeunesse était en «quête existentielle et religieuse» lorsqu’il est devenu membre de la communauté en 1997, peut-on lire dans le jugement sur demande d’autorisation de la Cour supérieure. 

Âgé de 19 ans, il a fait ses vœux «définitifs» en 2003, mais ceux-ci auraient été faits «dans un contexte d’asservissement psychologique et spirituel résultant de la mise en place de règles de vie l’ayant coupé de sa famille et du monde extérieur». 

En 2014, l’homme a quitté les rangs de la congrégation et aurait alors constaté son «incapacité à diriger sa vie et à prendre des décisions» étant devenu un «mésadapté social». 

Abus spirituel

Il se dit également victime «d’abus spirituel» puisque la communauté a mis en place des règles de vie à ce point strictes qu’elles avaient dans le but – ou ont eu pour effet – de «détruire l’identité des individus qui en faisaient partie». 

Toujours selon le document de la Cour, le fondateur de la Famille Marie-Jeunesse, Réal Lavoie, se serait livré à des abus «physiques, spirituels et psychologiques» et il aurait profité, «à mauvais escient, du besoin spirituel des membres du groupe». 

À titre d’exemple, le demandeur prétend s’être fait dire, lors de ses questionnements, qu’il ne devait pas «réfléchir» parce que «l’analyse paralyse», qu’il devait «entrer dans le moule de Marie» et que ses doutes venaient «du Malin». 

En outre, les membres de la communauté devaient remettre tous leurs biens à la communauté, être toujours vêtus d’un haut blanc, de bas beiges et d’un crucifix, ne pas porter de barbe, parler d’une voix douce, obtenir une autorisation pour sortir ou encore demander la permission pour faire un appel. 

Il leur était également enseigné que «le démon était dans le monde» et que les membres devaient appeler le fondateur «papa», et celui-ci les appelait «enfants». 

Définition du groupe

En autorisant la demande, la Cour supérieure a défini le groupe visé comme étant des personnes ayant «été membres internes dans la province du Québec» au sein de la communauté de 1986 à aujourd’hui. 

Pour obtenir gain de cause, le demandeur devra entre autres démontrer que la Famille Marie-Jeunesse avait «élaboré et mis en application un système fermé ou un stratagème sectaire» ayant eu pour effet de rendre les membres «complètement vulnérables».