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Ronron le plus fort

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Cette chronique s’adresse à vous, lecteurs. Ceux qui me demandent des nouvelles du chaton de ma petite-fille, et les autres qui me font part de leur ras-le-bol de la vie en pandémie.

Ronron est devenu la terreur de sa ruelle à Montréal. Mais ce mâle castré déploie également sa séduction dans sa rue. Grâce à son collier, sa résidence ne cesse de recevoir des appels de voisins parfois éloignés. Ces derniers informent les parents de sa petite maîtresse que Ronron a élu domicile chez eux.

Ce voyou-cambrioleur a choisi quatre demeures où il est accueilli à bras ouverts. On le nourrit et le loge quelques heures avant qu’il ne rentre chez lui pour la nuit. Il continue d’attaquer les mâles, voire les femelles, qu’il mord au cou plutôt que de tirer un coup avec elles.

D’après des témoignages de tous, il contrôle la ruelle à la manière de la mafia, en délimitant son territoire. On pourrait le rebaptiser Ronronino, mais il n’est pas d’origine italienne. C’est un félin de souche, trouvé dans une grange avec sa mère et ses frères et sœurs entre North Hatley et Sherbrooke.

  • Écoutez la chronique de Denise Bombardier au micro de Richard Martineau sur QUB radio :

Réapparition

En compagnie de mon Anglais, j’ai revu Ronron récemment. Il a surgi dans la cour arrière de sa résidence officielle. Nous étions assis en famille et j’ai tenté de l’attirer vers moi, me considérant comme sa mère adoptive. Mais c’était peine perdue.

Le chat sorti de l’adolescence a plutôt répondu à l’appel de l’Anglais. 

Celui-ci a vaincu sa peur du félin, mais simplement parce qu’il ne le fréquente plus. Il a donc allongé le bras pour flatter la bête. Vif comme l’éclair, Ronron lui a flanqué un coup de patte, toutes griffes dehors.

Habitué historiquement à riposter, l’Anglais a tenté de lui remettre la monnaie de sa pièce. Mais le chat a décampé. Il est ensuite réapparu comme pour dire « je t’ai bien eu ! ».

Voilà un animal québécois qui ne craint guère notre véritable conquérant, l’Anglais.