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Une entreprise veut envoyer des résidus d'aluminium au Congo

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Le projet mort-né d'Oriens Technologies, une entreprise qui souhaitait recycler des résidus d’aluminium à Bécancour, mais avait été contrainte de fermer son usine faute d’avoir obtenu les permis environnementaux nécessaires, s'est invité dans la campagne électorale.

Le propriétaire du site où sont toujours entreposés des résidus d'aluminium potentiellement toxiques depuis l’abandon du projet, Lux Biologics, appelle le futur gouvernement fédéral à délivrer sans délai le permis d'exportation requis pour transporter les résidus au Congo.

L’entreprise réclame aussi un soutien financier pour leur acheminement sécuritaire vers le port de Montréal.

Des démarches en ce sens auprès d'Ottawa depuis le printemps sont restées lettre morte. «On a communiqué depuis quelques mois avec le ministre Wilkinson [Jonathan Wilkinson, ministre de l'Environnement] et on n'a pas de retour, pas de nouvelles. Rien ne bouge», a déploré Julien Péloquin, directeur de Lux Biologics, propriétaire du site.

Lundi matin, le ministère de l'Environnement du Québec lui a servi un ultimatum; les matières en question doivent être transportées sur-le-champ dans un lieu approprié, sinon le ministère va s'en occuper et lui faire parvenir la facture.

L’entreprise redoute que le coût d'une pareille opération atteigne ou dépasse les 2 M$.

Comme ministre de l'Environnement à l'époque, l'actuel chef du Bloc québécois avait supporté le projet d'Oriens Technologies, qui souhaitait récupérer des résidus provenant de la fabrication de l'aluminium et en faire un additif à la poudre de ciment. Yves-François Blanchet croit maintenant que le fédéral devrait effectivement agir, si nécessaire.

«S'il est démontré au plan environnemental qu'il est préférable de déplacer les résidus plutôt que de les laisser à Bécancour, je pense que la collaboration fédérale doit être acquise si elle est nécessaire. Je n'ai aucune hésitation à cet égard-là», a commenté Yves-François Blanchet.

Le ministère de l'Environnement avait forcé Oriens Technologies à cesser ses opérations en 2016. Les dirigeants de l'entreprise ont intenté en 2020 un recours de 31 M$ contre le ministère, estimant que leur démarrage a été saboté et que les fonctionnaires ont fait preuve à leur endroit d'acharnement, de dénigrement et qu’ils ont présenté des demandes abusives.