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2 milliards d’arbres à planter: les régions sont au rendez-vous!

Aktivurlaub im Frühling bei einer Wanderung im Wald
Photo courtoisie

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Nos forêts offrent de nombreuses possibilités pour nos communautés. L’exploitation forestière, les pâtes et papiers et la fabrication de produits du bois demeurent les activités dominantes dans les forêts québécoises, mais elles ne sont plus seules. Partout en région, on vit dorénavant d’acériculture, de chasse ou de cueillette de bleuets sauvages, soit d’une économie de la forêt riche et diversifiée.

En plus de constituer un important outil économique, nos magnifiques forêts sont devenues incontournables dans notre lutte contre les changements climatiques. En effet, la plantation d’arbres partout sur la planète pourra absorber des millions, voire des milliards de tonnes métriques de dioxyde de carbone.

Depuis plusieurs années, la Fédération québécoise des municipalités (FQM) milite d’ailleurs auprès des gouvernements pour une plus grande valorisation des activités économiques, touristiques et environnementales liées à la forêt.

Le Canada en retard

À l’approche du scrutin fédéral du lundi 20 septembre prochain, on constate, cependant, que le Canada prend malheureusement du retard dans ce domaine.

Deux longues années se sont écoulées depuis l’annonce de la plantation de deux milliards d’arbres et, selon les plus récentes vérifications, seulement 800 000 d'entre eux ont été plantés dans l’ensemble du pays. Un nombre nettement insuffisant pour atteindre les objectifs ambitieux mais indispensables en matière de lutte contre les changements climatiques.

Pourtant, les acteurs locaux sont prêts à agir partout dans le pays. Avec ses partenaires réunis lors du Forum des communautés forestières de 2019, la FQM avait d’ailleurs mis de l’avant l’importance de reconnaître et d’utiliser les forêts publiques et privées pour lutter contre le réchauffement climatique. Une demande à laquelle le gouvernement du Québec a d’ailleurs fait écho, en rendant admissibles à des crédits compensatoires des projets de boisement et de reboisement sur les terres du domaine privé au Québec.

Un engagement politique

Comme porte-parole des régions et des communautés forestières, la FQM demande maintenant aux formations politiques de s’engager concrètement pour une accélération importante de la plantation d’arbres au Québec, en ciblant particulièrement les boisés privés.

Nous recommandons également au prochain gouvernement fédéral de rattraper le temps perdu en décentralisant le programme ainsi que l’enveloppe qui y est rattachée, en simplifiant le processus présentement en place, et en associant les MRC de façon systématique à la réalisation de cet engagement, et ce, dans le respect des compétences du gouvernement du Québec.

Cette série de mesures renforcera notre lutte collective contre les changements climatiques, tout en consolidant le secteur forestier québécois ainsi que nos régions.

Au moment où il a pris cet engagement en 2019, le gouvernement canadien aurait dû se tourner vers le gouvernement du Québec, les gouvernements de proximité, les acteurs de la foresterie et les groupes autochtones, afin de construire une solide collaboration à cet égard.

Ignorer la forte expérience en plantation de tous ces intervenants déterminants pour la réussite du projet aura assurément nui aux efforts de restauration et aux économies qui découlent de nos magnifiques forêts. Il n’est pas trop tard pour mettre les bouchées doubles et pour corriger ce mauvais départ. Mais il faut agir sans tarder, car l’avenir de nos collectivités en dépend largement.

Jacques Demers
Président de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), maire de Sainte-Catherine-de-Hatley et préfet de la MRC de Memphrémagog

Luc Simard
Président du Regroupement des communautés forestières et préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine

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