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Le silence révélateur des fédéralistes québécois

ELEC
PHOTO POOL/SEAN KILPATRICK/ LA PRESSE CANADIENNE

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Vous avez évidemment entendu parler de ce qui est survenu lors du débat des chefs en anglais.

Il serait raciste et discriminatoire non seulement de baliser les démonstrations religieuses pendant les heures de travail pour une poignée d’emplois dans le secteur public, mais aussi de vouloir défendre la langue française.

Concrètement

L’accusation ne résultait pas d’une bulle au cerveau de l’animatrice.

La question tendancieuse fut révisée et approuvée par les organisateurs du débat, donc par les hautes directions de CBC, CTV, Global et APTN.

Certaines réactions dans le Québec supposément éclairé laissent pantois.

Un éditorial du Devoir contenait cette perle : « Il faut croire que ce jugement à l’endroit de ces “attardés” de Québécois représente le courant de pensée dominant au sein de l’intelligentsia canadienne-anglaise. »

Le réveil est tardif pour le dire poliment. 

Il y a sans doute d’autres attitudes au Canada anglais, mais celle-là est dominante depuis longtemps si l’on suit minimalement ce qui s’y passe.

Vous étiez où depuis des années ? La sieste prend des allures de coma.

Dès lors, la question importante, la seule qui compte, devient : on fait quoi ?

À sa manière, Richard Martineau posait la même question, hier, à François Legault : « Combien de fois devrons-nous être insultés de la sorte pour que vous en tiriez les conclusions qui s’imposent – à savoir que nous n’avons plus notre place dans ce pays ? »

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal au micro de Richard Martineau sur QUB radio: 

Mais la question doit aussi être abordée par chacun d’entre nous : on fait quoi ?

Les souverainistes ont leur réponse : on sacre notre camp.

On n’est pas obligé de partager leur avis, mais au problème évoqué, ils offrent au moins une réponse concrète dont on peut débattre.  

Les anti-souverainistes québécois, eux, nous doivent une réponse : vous proposez quoi, CON-CRÈ-TE-MENT ?

On peut comprendre qu’un immigrant fraîchement arrivé chez nous se fiche de ces questions.

Mais le Tremblay, le Gauthier, le Roy, lui, nous doit sa réponse : si l’on ne part pas, vous proposez de faire quoi... concrètement ?

Vous n’allez quand même pas plaider l’incident isolé. Vous en voulez combien d’autres ?

Tiens, prenez la cheffe du PLQ. Elle exige que cesse le Québec-bashing

Très bien, Mme Anglade, mais vous obtiendrez cela comment ?

Une petite tournée pancanadienne pour leur « expliquer » ?

Pendant longtemps, les Québécois opposés à la souveraineté envisageaient des négociations constitutionnelles pour aménager une meilleure place au Québec dans le Canada.

Cette voie est fermée à triple tour et, de toute façon, on ne peut légiférer contre le mépris et le sentiment de supériorité.

J’écoute

Ce qui nous ramène encore et toujours à la question de base : face à ce mépris « systémique » du Canada anglais, les adversaires québécois de la souveraineté proposent quoi... concrètement ?

Admettons que la réponse soit que les avantages de faire partie du Canada sont au-dessus de tout.

Cette réponse équivaut à dire qu’ils sont prêts à tout endurer.

S’ils ont une autre réponse, je veux l’entendre.