/news/currentevents
Navigation

Peine exemplaire réclamée pour un membre de gang

Un «message fort» doit être envoyé, dit un procureur

Hensley Jean
Photo tirée d’Instagram Le membre de gang de rue Hensley Jean s’affiche ouvertement avec une arme à feu sur les réseaux sociaux.

Coup d'oeil sur cet article

Les tribunaux doivent collaborer dans la lutte contre la violence par armes en feu en imposant des peines plus sévères, plaide un procureur de la Couronne réclamant la prison à vie pour un membre de gang de rue coupable d’une tentative de meurtre.

« Il est rare que les objectifs de dénonciation, de dissuasion et d’exemplarité doivent revêtir autant de considération et d’importance dans un dossier, a lancé Me Steve Baribeau mardi. Il est de la responsabilité et du devoir des tribunaux de s’adapter à ces nouvelles réalités. »

Le procureur a demandé à la juge Hélène Di Salvo d’envoyer un « message fort » aux jeunes qui gravitent dans l’univers des gangs de rue en imposant sa sentence à Hensley Jean.

L’homme de 26 ans, qui possède de lourds antécédents, se montre publiquement sur les réseaux sociaux arme à feu à la main et affiche ses affiliations à un gang de rue. 

Il a été reconnu coupable cet été d’une tentative de meurtre le 3 juin 2019 à Saint-Eustache, où il avait fait erreur sur la personne. 

Comme un meurtrier

Mais pour le procureur de la Couronne, c’est comme si la juge se retrouvait devant un meurtrier, puisque Jean avait attendu de longues heures dans une voiture pour s’en prendre à sa victime. 

« Il ne faudrait pas trop donner de récompense à l’accusé parce que [la victime] n’est pas décédée. [...] La seule et unique chose qui fait qu’elle est encore en vie aujourd’hui, c’est que l’arme à feu s’est enrayée », a rappelé Me Baribeau. 

« C’est quelqu’un qui voulait commettre l’infraction la plus grave », a ajouté le procureur de la Couronne.

Il a reconnu que sa suggestion de prison à vie pour une tentative de meurtre « sort des sentiers battus », mais qu’elle devrait s’appliquer dans de telles circonstances, devant un « mépris pour la vie humaine ». 

« Ce sont des gens sans code d’honneur qui se servent de leurs armes à feu selon leur humeur et pour rien », a dénoncé Me Baribeau, alors que 105 événements impliquant des coups de feu se sont produits depuis le début de l’année à Montréal, la majorité en lien avec les gangs de rue. 

  • Les plaidoiries sur sentence se poursuivent mercredi à Saint-Jérôme.