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Surchauffe immobilière: est-ce la faute des courtiers?

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La surchauffe immobilière est un problème qui est loin de se calmer, et certains pointent du doigt les courtiers immobiliers.

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Denis Joanis, président de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec, nie pourtant être responsable de la situation actuelle. 

«Si on veut comprendre le phénomène de la surchauffe, il faut regarder avant tout l’offre et la demande», note-t-il. «On vit dans ne situation au Québec où il y a une rareté de l’offre. On estime qu’il manque entre 40 000 et 50 000 propriétés actuellement dans le marché, alors vous comprendrez qu’une telle insuffisance a une incidence sur les prix.»

Plusieurs acheteurs signent toutefois une offre trop rapidement, donc une transparence accrue au niveau des offres des autres acheteurs est demandée. 

«On a examiné ce scénario-là, mais on en est venu à la conclusion que même s’il y avait plus de transparence, on en viendrait à une mécanique d’enchères comme il se fait dans d’autres domaines», explique M. Joanis. 

«Finalement, quel que soit le scénario, cette transparence-là n’amènerait pas un bénéfice aux acheteurs. C’est malheureux, mais c’est notre constat.»

En ce qui concerne les garanties légales et les inspections pré-achat, les courtiers immobiliers s'opposent à les rendre obligatoires.

«On a accueilli favorablement les amendements visant à faire la promotion de l’inspection pré-achat, nous-même on milite pour ça», précise M. Joanis. «La différence de les rendre obligatoire, c’est qu’actuellement, il faut juste être concret, il manque d’inspecteurs en bâtiment qualifiés et accrédités, donc il ne faudrait pas déplacer le problème. Notre industrie est en faveur de l’inspection, et on souhaite qu’il y ait plus d’inspection au bénéfice des acheteurs.»

Les courtiers contribuent à la surchauffe, selon Québec Solidaire

Andrés Fontecilla, porte-parole de Québec Solidaire en matière de logement, croit que les courtiers contribuent à la surchauffe, même s'il sait qu'il y a d'autres facteurs, dont l'industrie immobilière. 

Selon M. Fontecilla, le courtier a une position d’intermédiaire entre les vendeurs et les acheteurs, et sa commission dépend directement du prix final de la vente d’une propriété.

«Il peut exercer certains types de pratiques qui font en sorte que les prix ont tendance à monter, comme ne pas divulguer les différentes offres d’achats ou suggérer à des acheteurs de vider un appartement pour augmenter les loyers. Ces différents types de pratique contribuent à l’augmentation des prix», dit-il. 

Il ajoute que le problème se trouve empiré à cause de l’insuffisance des constructions résidentielles au Québec».

Une consultation publique du ministère des Finances du Québec a récemment eu lieu sur les pratiques des courtiers immobiliers dans le contexte de la surchauffe immobilière. 

«Ici, on se trouve dans une situation particulière, c’est une consultation du gouvernement concernant l’activité des courtiers immobiliers», souligne M. Fontecilla. «Nous avons donné notre opinion, mais le gouvernement devrait avoir une vision beaucoup plus globale de cette problématique-là et convoquer une commission parlementaire pour regarder l’ensemble des facteurs qui créent ces situations.»