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Surdiagnostic du TDAH au Québec

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Les prescriptions de médicaments pour contrer les effets du trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) sont en hausse constante chez les moins de 25 ans au Québec et demeurent bien plus élevées que dans le reste du monde.

Marie-Christine Brault, professeure de sociologie et cotitulaire de la Chaire de recherche sur les conditions de vie, la santé, l’adaptation et les aspirations des jeunes de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), peut en témoigner.

Elle a sondé des écoles du Saguenay-Lac-Saint-Jean, puis celles d'une région en Belgique, la Flandre. Pour illustrer ses propos, elle a isolé les élèves à partir de la troisième année du primaire.

«Nous, on a 18 % des enfants dans mon échantillon qui sont identifiés TDAH tandis qu'en Belgique flamande, c'est 2 %, a-t-elle dévoilé. Ce problème social là s'est créé à la fois par l'école, par les parents et par les médecins.»

L'Institut national d'excellence en santé et services sociaux a réalisé une autre étude en ce sens en 2019. Avec 14,2 % des 25 ans et moins qui ont reçu une prescription de médication pour contrer les effets du TDAH, le Saguenay-Lac-Saint-Jean se positionne en haut de la liste.

La Mauricie et le Centre-du-Québec se positionnent au cinquième rang, avec 11,6 %. Toutes deux devant la grande région de Montréal qui, elle, est plutôt à 3,1 %.

Mauvais diagnostics

Selon Mme Brault, cet écart avec Montréal peut être lié à la proportion de minorités ethniques qui, toujours selon elle, sont moins portées à aller chercher un diagnostic psychiatrique. Elle croit aussi qu'une partie des enfants diagnostiqués n'aurait pas dû l'être.

«Il faut s'assurer qu'on ne traite pas un enfant avec des pilules alors qu'il a un autre problème», a ajouté le médecin de famille de Shawinigan, Dr Frédéric Picotte.

Pourtant, un mauvais diagnostic entraîne des conséquences. Selon le Dr Picotte, l'enfant risque de développer des symptômes d'agitation, d'anxiété, des palpitations, des problèmes de sommeil ou encore des problèmes d'appétit entraînant parfois une baisse de poids.

Les mieux outillés pour analyser le comportement d'un enfant sont les neuropsychologues selon lui. Mais difficile d'obtenir une consultation.

«Les neuropsychologues font des tests qui sont plus poussés, mais souvent il faut aller au privé et ça engendre des coûts de 1000 $, parfois 1500 $», a-t-il expliqué.

La médication représente un seul volet du traitement pour contrer les effets du TDAH. Des activités physiques ou des thérapies comportementales peuvent également être envisagées avant d'en arriver à la médication.