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Un crédit d'impôt pour prolonger votre carrière

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En cette grave période de pénurie de main-d’œuvre, toutes les initiatives visant à pourvoir des postes vacants sont bienvenues. En voici une qui m’apparaît hautement pertinente.

Avis aux 65 ans et plus : s’il reste au pouvoir, Justin Trudeau vous accordera un nouveau crédit d’impôt dans le but de vous inciter financièrement à rester actif sur le marché du travail.

Ce « Crédit d’impôt pour prolongement de carrière » s’inspire de celui que le gouvernement du Québec a mis en place depuis 2012 dans le dessein de convaincre le plus grand nombre possible d’aînés québécois de prolonger leur carrière.

Remarquez que celui du Québec ratisse un peu plus large puisqu’il vise également les 60 à 64 ans.

La question importante : combien les travailleurs canadiens de 65 ans et plus pourront-ils économiser d’impôt fédéral sur leurs revenus d’emploi ? Le Bureau du directeur parlementaire du budget a calculé que les aînés économiseront globalement 650 millions $ par année.

Voilà une sacrée belle ristourne d’impôt fédéral, convenons-en !

  • Écoutez la chronique de Michel Girard au micro de Philippe-Vincent Foisy sur QUB radio:

Pas tous les aînés

Les travailleurs de 65 ans et plus pourront obtenir un crédit d’impôt fédéral maximal de 1650 $, soit 15 % de la tranche du revenu d’emploi allant de 5000 $ à 16 000 $. À partir du seuil de revenu d’emploi excédant les 35 650 $, ledit crédit d’impôt diminuera de 5 % par dollar excédentaire.

Les aînés québécois de 65 ans et plus, eux, ont la « chance » d’obtenir le même crédit d’impôt de la part du gouvernement provincial.

Fait important à signaler : dans les deux cas, au fédéral et au provincial, il s’agit d’un crédit non remboursable. Pour en bénéficier, il faut donc avoir de l’impôt à payer sur l’ensemble des revenus à déclarer.

Malheureusement, dans le cas des aînés qui gagnent un revenu d’emploi supérieur à 68 650 $, ils n’auront pas le droit de profiter de ce crédit. 

Pis encore : les aînés gagnant un revenu d’emploi inférieur à 5000 $ ne bénéficieront pas non plus dudit crédit d’impôt pour prolongement de carrière. 

Gros bassin de travailleurs

Dans l’ensemble du pays, il y avait en juillet dernier quelque 860 300 aînés de 65 ans et plus qui étaient sur le marché du travail. Ils représentaient 12,7 % de leur groupe d’âge.

Parmi les 5,9 millions d’aînés de 65 ans et plus non actifs sur le marché de l’emploi, il est à souhaiter que le nouveau crédit d’impôt fédéral pour prolongement de carrière réussisse à en convaincre plusieurs de revenir sur le marché du travail. 

Chose certaine, les aînés québécois, eux, pourraient ainsi bénéficier au total d’un crédit d’impôt de 30 % (15 % provincial, 15 % fédéral) sur les 11 000 $ de la tranche de revenu de travail allant de 5000 $ à 16 000 $

Les aînés de 65 ans et plus qui occupent un emploi représentent sur le marché du travail un bassin de travailleurs de 4,5 %.

Pas de doute qu’il est possible d’augmenter sensiblement ce bassin de travailleurs de grande expérience.

Si au terme de la présente élection fédérale, Justin Trudeau se fait coiffer par Erin O’Toole, j’invite le chef conservateur à faire sien le crédit d’impôt pour prolongement de carrière de son adversaire libéral.