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Une pause qui fait du bien

Laurence Vincent Lapointe brillera par son absence au championnat mondial

GEN - RENCONTRE AVEC DES ATHLÈTES OLYMPIQUES
Photo Martin Alarie Double médaillée à Tokyo, la canoéiste Laurence Vincent Lapointe fait l’impasse sur le championnat mondial, qui sera présenté au Danemark.

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Double médaillée des Jeux olympiques de Tokyo, Laurence Vincent Lapointe fera l’impasse sur les mondiaux de canoë-kayak dont le coup d’envoi sera donné, mercredi à Copenhague, au Danemark.

De retour à l’université après une pause de trois ans, Vincent Lapointe veut se concentrer sur ses études, mais surtout, s’accorder une pause après le tsunami qui l’a secouée au cours des deux dernières années.

« Cette pause fait vraiment du bien à mon corps, mais encore plus à ma tête, image la canoéiste qui a remporté l’argent à Tokyo en C-1200 m et le bronze en C-2500 m en compagnie de Katie Vincent. Ma tête avait extrêmement besoin d’une pause. J’ai besoin de vivre une vie normale. J’arrête habituellement trois semaines après la saison, mais j’ai besoin de plus. »

« Ce n’est pas seulement une pause post-olympique, mais je dois prendre du recul après ma suspension et tous les événements qui sont survenus au cours des deux dernières années, poursuit l’étudiante en physiothérapie à l’Université de Montréal. Ça va me permettre de composer avec mes inquiétudes et ma paranoïa de tout vérifier ce que je mange. Ça va me permettre de rencontrer des gens sans craindre que je sois contaminée. »

Avenir inconnu

Présente au championnat canadien il y a quelques semaines, Vincent Lapointe ne sait pas ce que l’avenir en canoë lui réserve.

« J’y vais au jour le jour et je n’ai aucune idée de ce que je vais faire à moyen terme. Je n’ai pas pris de décision à savoir si je serai en compétition l’an prochain. Je ne sais pas si je vais m’entraîner à l’automne ou plus tard. J’ai prévenu les membres de mon équipe de ne pas m’attendre tout de suite. C’est la première fois que je prends une aussi longue pause et ça me fait du bien. »

Vincent Lapointe se plaît dans son nouveau champ d’études.

« Dès 2018 quand j’étudiais en sciences infirmières, j’ai réalisé que je n’aimais vraiment pas le milieu hospitalier, mais je ne voulais pas apporter un changement si près des Jeux. J’adore ça et je réalise que c’est ça que je voulais faire. La physiothérapie touche plusieurs aspects que j’aime. »

Priorité aux études pour Langlois

Tout comme Laurence Vincent Lapointe, Andréanne Langlois a décliné l’invitation de participer au championnat mondial.

« Je m’entraîne à temps plein et je serai au mondial en 2022 à Halifax, mais la priorité pour le moment va à mes études, a souligné la kayakiste qui a participé à ses deuxièmes Jeux dans la capitale nippone. J’aurais raté une dizaine de jours dans mon stage en sciences infirmières et j’aurais été assurée d’un échec si j’avais participé au mondial. »

S’il est acquis que Langlois sera dans la capitale néo-écossaise l’été prochain, elle n’a pas encore décidé si elle poursuivra jusqu’à Paris en 2024 ou non.

« Au moment du report des Jeux, je pensais qu’il ne restait qu’un an à ma carrière, mais il n’y a plus rien de définitif. Je ne suis pas pressée de prendre une décision. J’aime encore le kayak et je savoure les moments quand je suis sur l’eau. » 

Étape importante pour le Québécois Pierre-Luc Poulin

Pierre-Luc Poulin, Kayakiste
Photo d'archives
Pierre-Luc Poulin, Kayakiste

Si plusieurs athlètes ont préféré ne pas participer au championnat mondial, Pierre-Luc Poulin n’a pas hésité une seconde.

Avec la retraite du vétéran Mark de Jonge, le Canada présentera un nouveau visage au K-4500 m au Danemark. C’est Laurent Lavigne qui prendra la relève aux côtés de Poulin, Nicholas Matveev et Simon McTavish.

« Ça ne sera pas facile, mais le mondial représente le moment de commencer à construire pour les trois prochaines années, a expliqué Poulin. S’il me reste trois ans dans ma carrière, je dois faire toutes les étapes. Nous sommes sortis sur l’eau une seule fois ensemble, mais on doit commencer à construire. Nous sommes les quatre meilleurs sur 500 m au Canada. »

« Je voulais aussi terminer ma saison sur une bonne note, poursuit Poulin dont le bateau d’équipe n’a pas été en mesure de se qualifier pour la finale A aux Jeux olympiques de Tokyo. On a eu peu de compétitions lors des deux dernières années et je veux me prouver et m’amuser. »

En plus du K-4, Poulin prendra le départ du K-1200 m.

« Mon objectif est de mettre les pieds dans une des deux finales, a affirmé l’étudiant aux HEC. Je l’ai fait en Coupe du monde, mais jamais au mondial. Si je réussis, ça partirait bien le cycle olympique. »

Changement important

En raison du départ de l’entraîneur Frédéric Jobin, le Centre national d’entraînement de kayak ne sera plus à Québec. Au fil des ans, Poulin avait développé une solide relation avec les intervenants d’Excellence sportive Québec-Lévis (ESQL). 

Canoe Kayak Canada (CKC) fera connaître sa décision en octobre à l’occasion du bilan de fin de saison qui se tiendra ironiquement à Québec. Le Bassin olympique de l’île Notre-Dame et le club de Trois-Rivières sont les deux options sur la table.

« La barre sera haute pour ceux qui vont prendre la relève, résume Poulin. Les intervenants faisaient leur travail, mais ils s’investissaient dans les athlètes. Quand je me suis blessé quelques semaines avant les Essais olympiques cet hiver, j’ai contacté l’ESQL. Le lendemain, j’avais une réponse et une solution. L’ESQL avait investi beaucoup de temps, d’énergie et d’efforts au cours des dix dernières années. »