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Incinérateur de Québec: la Ville clame la fin des dépassements des émissions

Incinérateur de Québec: la Ville clame la fin des dépassements des émissions
Photo d'archives

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Après avoir investi près de 43 millions $ en modernisation des équipements depuis 2015, la Ville de Québec estime avoir tourné la page sur les dépassements des normes environnementales émanant de son incinérateur, dont les émissions préoccupent depuis longtemps les résidents de la basse-ville.

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Les résultats de la plus récente campagne d’échantillonnage menée sur les cheminées du bâtiment situé à Limoilou en juin sont parvenus à l’administration municipale la semaine dernière. L’incinérateur respecte désormais «tout ce qui existe comme réglementation», a certifié le maire Régis Labeaume mercredi.

«Nous sommes très fiers des résultats que nous dévoilons aujourd’hui. En persévérant pour améliorer le fonctionnement de l’incinérateur, nous avons mis un terme aux dépassements occasionnels des normes environnementales pour les émissions atmosphériques connues ces dernières années», a affirmé le maire sortant.

«En clair, ce sont les meilleurs résultats de l’histoire de l’incinérateur», a-t-il soutenu.

Conformité

Le rapport démontre une conformité de tous les fours échantillonnés avec les normes québécoises en vigueur pour l’émission de monoxyde de carbone (CO), ce qui est une première. Le CO était le dernier polluant qui n’avait pas encore pu être contrôlé.

À titre indicatif, la firme indépendante mandatée par la Ville a mesuré une moyenne de 27,6 mg/m3R de CO dans trois des quatre cheminées de l’incinérateur, pratiquement deux fois moins que la norme québécoise à respecter, qui est de 57.

Aucun échantillon n’a pu être prélevé dans la quatrième cheminée parce qu'elle n’était pas en fonction en raison d’un bris. Mais comme elle a depuis été remise en fonction et que son comportement est similaire aux trois autres, «la logique impose que ça devrait être exactement le même résultat», selon M. Labeaume.

Quant aux autres polluants étudiés, comme l’arsenic, le mercure, les dioxines et les furannes, les résultats témoignent de concentrations largement inférieures aux normes en vigueur.

En fait, la Ville considère qu’elle avait déjà un bon contrôle de ces paramètres depuis l’automne 2017, après avoir doté chaque four d’injecteurs de charbon actif, un agent reconnu pour le contrôle de plusieurs composés toxiques.

Seul le monoxyde de carbone continuait de faire défaut. L’installation de nouveaux brûleurs au gaz naturel dans les quatre fours, qui permettent de maintenir une température optimale de combustion, semble finalement avoir réglé le problème.

L’administration municipale se fait aussi rassurante quant à la possibilité qu’il y ait des pics de pollution plus soudains et ponctuels, qui échapperaient aux moyennes comme celles dévoilées mercredi. Des capteurs mesurent la performance des fours en continu et permettent de déceler rapidement ce genre de situation et d’y remédier, a-t-on assuré.

Soulagement

Suzanne Verreault, membre du comité exécutif responsable de l’environnement et de la gestion des matières résiduelles, s’est dite «satisfaite» et «même un peu soulagée» de ces résultats. «Depuis le temps que les citoyens m’interpellent au sujet des dépassements des normes de l’incinérateur [...] je peux enfin leur dire aujourd’hui "mission accomplie"».

Rappelons que la gestion de l’incinérateur était autrefois confiée à un partenaire privé. Ce n’est qu’en 2015 que la Ville a repris les opérations. Elle a entrepris, en 2017, un plan d’action pour mettre fin aux dépassements des normes, plan qui est maintenant «complété», selon le maire.

Aux citoyens qui voudraient tout simplement faire cesser les activités de l’incinérateur pour garantir qu’aucun contaminant n’est rejeté dans l’air, il répond que «c’est un discours qui ne tient pas scientifiquement» et qu’il est beaucoup moins polluant d’incinérer des déchets que de les enfouir.

L’ouverture l’an prochain du centre de biométhanisation permettra de détourner des tonnes de boues et de résidus alimentaires qui ne seront pas incinérés. Avec le projet de valorisation de la vapeur de l’incinérateur en énergie pour le nouvel hôpital de l’Enfant-Jésus, la Ville a même le potentiel d’être un «premier de classe» de la gestion des matières résiduelles, pense Régis Labeaume.

Avec toutes ces initiatives, la Ville de Québec calcule qu’elle produira 10 fois moins de gaz à effet de serre qu’elle en produisait en 2017, et 100 fois moins que si elle envoyait ses déchets à l’enfouissement.

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