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L’anglais intensif imposé en 5e et 6e année dans une école de Lac-Beauport

Des parents réclament le droit à un enseignement en français dans une école publique

Quebec
Photo Stevens Leblanc François Lellouche se bat pour que sa fille ne soit pas obligée de fréquenter une classe de 5e où la moitié de l’enseignement est consacré à l’anglais.

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Des parents de Lac-Beauport sont prêts à changer leur fille d’école parce qu’ils s’opposent à ce que le programme d’anglais intensif lui soit enseigné en cinquième et en sixième année, craignant l’impact pour sa maîtrise du français.

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François Lellouche et France Loisel ont appris avec surprise au début juillet que leur fille Andréa fréquentera à la rentrée une classe de cinquième et sixième année où le programme d’anglais intensif occupera la moitié de l’année scolaire. 

À l’école Montagnac, il existe trois autres groupes de cinquième année qui suivent le programme régulier. En sixième année, l’anglais intensif est enseigné à tous les groupes si bien qu’Andréa devra à nouveau l’an prochain y consacrer la moitié de son année scolaire.

« Passer si peu de temps sur le français et privilégier l’anglais comme si c’était une solution miracle, on n’y voit que des désavantages », lance M. Lellouche. 

Ce dernier y voit une « incohérence » avec le discours gouvernemental, alors que Québec cherche à augmenter la maîtrise du français au cégep et à l’université.

Démarches juridiques

Au cours de l’été, ces parents ont multiplié les démarches juridiques pour faire infirmer cette décision, sans succès. 

En dernier recours, ils ont demandé un changement d’école pour leur fille afin qu’elle puisse suivre le programme régulier en cinquième année. « On ne le fait pas de gaieté de cœur, ce n’est pas l’idéal, mais on pense que ce sera mieux pour elle », affirme M. Lellouche.

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Photo Stevens LeBlanc

Ces parents ont appris avec étonnement que l’école avait le pouvoir d’imposer un tel programme, même en cinquième année, puisqu’il a reçu l’aval du conseil d’établissement.

Et puisque la création de groupe repose entre les mains de la direction, les parents n’ont aucun droit de regard à ce chapitre, leur a-t-on expliqué.

Pour M. Lellouche, il est toutefois inconcevable que les parents des élèves concernés n’aient pas leur mot à dire concernant ce programme particulier, imposé à une poignée d’élèves de cinquième année.

La situation est d’autant plus absurde, ajoute-t-il, que d’autres familles auraient voulu que leur enfant suive le programme d’anglais intensif dès la cinquième année plutôt que d’être dans une classe ordinaire.

Or, dans plusieurs autres écoles, les parents sont consultés avant de choisir quels élèves feront de l’anglais intensif, a constaté Mme Loisel après avoir fait des démarches auprès de plusieurs autres centres de services scolaires.

Une demande des parents

Aux Premières-Seigneuries, la secrétaire générale Martine Chouinard explique que l’anglais intensif en cinquième et sixième année a été introduit il y a quatre ans à la demande de parents qui considéraient que les jeunes de sixième année de ce groupe mixte étaient désavantagés puisqu’ils ne pouvaient suivre ce programme comme les autres élèves.

La direction de l’école doit par la suite sélectionner les élèves qui « ont les capacités » de faire de l’anglais intensif dès la cinquième année « sans mettre à risque leur réussite », ajoute Mme Chouinard. 

« On reçoit beaucoup de demandes par les familles pour le choix d’une classe en particulier, mais on ne peut pas dire oui à un élève et non à un autre. La direction d’école a vraiment la responsabilité de former des groupes équilibrés », affirme-t-elle, tout en reconnaissant que les « façons de faire » concernant l’anglais intensif pourraient éventuellement être « améliorées ».

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