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Le retour des deux solitudes: le Québec et le reste du Canada divisés après le débat en anglais

Le Québec et le reste du Canada sont divisés sur les propos de la modératrice Shachi Kurl

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La question, faisant l’amalgame entre les lois « discriminatoires » du Québec et des problèmes de racisme, lancée lors du débat en anglais la semaine dernière, divise le Canada, confirme un sondage éclair réalisé par la firme Léger. 

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Selon ce sondage, près de 65 % des Québécois ont trouvé « inappropriée » la question que la modératrice Shachi Kurl a adressée à Yves-François Blanchet, du Bloc Québécois, durant le dernier débat des chefs. 

Shachi Kurl, la modératrice du débat des chefs du 9 septembre,­­ qui s’est déroulé en anglais.
Photo Pool Sean Kilpatrick, AFP
Shachi Kurl, la modératrice du débat des chefs du 9 septembre,­­ qui s’est déroulé en anglais.

Par contre, à l’extérieur de la province, 69 % des Canadiens ont jugé la question adéquate. 

« On voit ici que, pour le Canada anglais, c’est normal qu’elle ait posé la question. Mais, pour le Québec, c’est scandaleux qu’elle l’ait fait. Ça confirme tout haut ce que l’on dit tout bas depuis des jours », explique au Journal le sondeur Jean-Marc Léger. 

La modératrice du débat est critiquée de toutes parts depuis qu’elle a affirmé que le chef bloquiste niait les problèmes de racisme au Québec. Elle a aussi qualifié les lois 96 et 21 de « discriminatoires » pour appuyer son point. 

« On voit bien que s’il n’y avait pas eu de réactions du Québec au lendemain du débat, cette question serait passée comme si de rien n’était. Pour les Canadiens anglais, cette question est juste usuelle », analyse M. Léger. 

LE FRANÇAIS PAS SI MENACÉ 

Le fossé entre la province et le reste du Canada (ROC) est aussi marqué sur la question de la langue française, alors que 73 % des Québécois pensent qu’elle est menacée. À l’inverse, seulement 14 % des autres Canadiens abondent dans ce sens. 

Jean-Marc Léger avoue que les résultats rappellent qu’il y a deux solitudes au pays.  

Si la question du débat divise, 41 % des répondants au sondage venant du ROC n’avaient pas d’opinion sur la loi 21 sur la laïcité de l’État et le projet de loi 96 sur la protection du français.

« On leur a demandé si elles sont discriminatoires et si elles marginalisent les minorités religieuses, anglophones et allophones au Québec. En tout, 37 % des Canadiens (en incluant le Québec) pensent que oui. Mais, au Québec seulement, c’est seulement 26 % des gens qui pensent la même chose », indique le sondeur.      

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QUÉBEC BASHING

Par ailleurs, à l’échelle du pays, plus de la moitié des répondants affirme que le Québec bashing est un enjeu important.  

« Au Québec, on en a assez des critiques. Même chose au Canada anglais, 44 % des gens disent que ça n’a pas sa place, le Québec bashing, et ils ne sont pas confortables avec ça. Donc, ce n’est pas les méchants anglophones contre le Québec. [...] Ils ne comprennent simplement pas les enjeux liés à la protection de la culture francophone », conclut Jean-Marc Léger. 

Méthodologie : Le sondage web a été réalisé auprès de 1000 Canadiens majeurs le 13 septembre. Les résultats ont été pondérés en fonction du sexe, de l’âge, de la langue maternelle, du niveau de scolarité ainsi que de la présence d’enfants dans le ménage. 


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