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Rentrée parlementaire: les libéraux embarrassés d'entrée de jeu

François Legault appuie les deux partis bleus au fédéral: le Bloc et le Parti conservateur

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Capture d’écran, TVA nouvelles Le premier ministre François Legault

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L’appui de François Legault au Parti conservateur du Canada a marqué la rentrée parlementaire à l’Assemblée nationale, mais la surprise est venue du PLQ, terrassé par la proximité gênante entre son leader parlementaire et Justin Trudeau.

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L’opposition salivait : en souhaitant l’élection du PCC d’Erin O’Toole à Ottawa, François Legault s’est collé une cible dans le dos.

Et la cheffe libérale, Dominique Anglade, entendait bien en profiter en dépeignant le premier ministre en curé des années 1950.

Le plan de match libéral pour repositionner le parti comme fervent défenseur des intérêts du Québec a déraillé à 11 h 35, mardi.

Son leader parlementaire, André Fortin, a alors candidement admis en point de presse avoir aidé Justin Trudeau à se préparer aux débats.

« Je lui ai donné ma perspective, mes conseils sur la politique québécoise », a-t-il dit.

La cheffe de l’opposition Dominique Anglade
Capture d’écran, TVA nouvelles
La cheffe de l’opposition Dominique Anglade

Legault jette les gants

Dominique Anglade, qui a dénoncé l’empiétement des partis fédéraux dans les champs de compétence du Québec, se retrouvait soudainement à découvert.

Et François Legault ne l’a pas ratée : il a remis en question l’allégeance d’André Fortin et demande qui est son vrai patron.

« Est-ce qu’il a dit à Justin Trudeau qu’on ne voulait pas d’ingérence dans nos compétences ? Est-ce qu’il a dit à Justin Trudeau qu’on voulait protéger le français, qu’on voulait protéger nos valeurs ? » a-t-il lancé.

En coulisses, plusieurs députés libéraux ont dit craindre que cet épisode nuise longtemps à leur formation politique. Certains jugent que la décision de leur collègue de Pontiac est « inacceptable ».

Catherine Dorion, de QS, est revenue à la charge au sujet du 3e lien.
Capture d’écran, TVA nouvelles
Catherine Dorion, de QS, est revenue à la charge au sujet du 3e lien.
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Pouce en l’air pour le bloc

Le premier ministre, lui, a profité du brouhaha qui régnait au Salon bleu pour diluer son appui aux conservateurs en étreignant le Bloc québécois, l’autre parti fédéral acceptable à ses yeux.

« Je le dis clairement, il reste deux partis bleus, c’est ça qui est important. »

Son ministre de l’Environnement, Benoit Charette, a lui-même admis qu’il n’était pas impressionné par la plateforme environnementale conservatrice.

Mais les questions ont quand même fusé. Sur les garderies, le PLQ et QS ont fait un tir croisé : François Legault nuit au Québec en prenant position pour un parti politique qui promet de déchirer une entente de 6 milliards $ pour financer les services de garde.

Un « gros tunnel elvis-gratonnien »

La députée de QS Catherine Dorion a comparé François Legault à un homme d’église rétrograde enjoignant à ses ouailles « d’aller voter tous en chœur pour le Parti conservateur [...], de droite, antiféministe et anticlimat » parce qu’il promet de financer son « gros tunnel elvis-gratonnien ».

Le PQ a plutôt ciblé le virage fédéraliste de l’ancien péquiste, qui est indigné face au mépris canadien, « mais surtout résigné ». 

« Il a non seulement invité les Québécois à choisir le Canada, mais il leur demande de voter pour son parti préféré », a-t-il dit.

Mais le PQ a lui aussi été embarrassé par le jeu des appuis aux partis fédéraux. Paul St-Pierre Plamondon a dû affirmer qu’un vote pour le Bloc « n’est pas un vote pour le troisième lien » entre Québec et la Rive-Sud.

Manon Massé, pour sa part, a admis que les électeurs de QS sont divisés entre le Bloc, le NPD et le Parti vert.

Malgré la bisbille, les partis ont fait front commun pour dénoncer le « Québec bashing » et demander des excuses formelles du consortium chargé d’organiser le débat des chefs en anglais pour le « procès hostile intenté contre la nation québécoise », lors de deux votes.

Une joute robuste  

« Donc, c’est qui, le vrai patron du leader [André Fortin] ? Est-ce que c’est la cheffe de l’opposition officielle ou c’est Justin Trudeau ? C’est qui, son patron ?

—François Legault

« On ne vendra pas notre âme pour de l’argent du fédéral »

—François Legault

« On n’a pas besoin d’un premier ministre qui joue un rôle de curé comme en 1950 pour dire aux gens comment penser et pour qui voter »

—Dominique Anglade 

« Papa O’Toole nous donnerait quatre milliards pour le troisième lien, donc on ne vendra pas notre âme pour l’argent du fédéral, sauf pour le troisième lien, c’est ça qu’il faut comprendre ? »

—Catherine Dorion

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